— Avec le père du pauvre petit ? lui dis-je.
Pas du tout ! Avec un jeune homme sur le point de s’établir et qui la voyait fréquemment chez sa tante — car elle habitait chez sa tante. — Ce jeune homme aimait Isabelle depuis quatre ans, paraît-il, le sournois ! et il n’avait fait sa déclaration que la semaine dernière !
— Il est bien, vous savez ! dit-elle.
— Pas mieux que Claude, je suppose ?…
— Claude est un beau garçon, je ne dis pas non ; mais il y a aussi bien que lui. D’abord, je vous dirai entre nous, que, pour ma part, je suis plutôt portée pour les blonds…
— Eh bien ! mais, ce mariage ?
— Je n’ai dit ni oui ni non ; c’est une affaire, comme vous pensez, qui a de l’importance ; il s’agit de l’avenir pour moi. J’ai écrit à Claude…
— Ah ! Que dit-il de cela, Claude ?
— Vous pensez que ça lui a mis la puce à l’oreille ! Il n’en dort pas, à ce qu’il m’écrit… Oh ! n’allez pas le plaindre, surtout : il se rattrapera, n’ayez crainte, ce n’est pas un garçon à se faire périr par les mauvais traitements… Malgré ça, il voulait revenir de suite ; mais il a son père qui ne plaisante pas, à ce qu’il paraît, le père Gérard, quand il s’agit de rentrer à Paris avant l’heure. Savez-vous combien il m’en écrit ? Seize pages ! Tenez, les voilà.
Je dus me défendre pour ne pas lire les seize pages de Claude, car Isabelle était flattée évidemment des marques d’amour qu’elles contenaient. Elle avait, d’ailleurs, un invincible besoin de parler, de consulter les uns et les autres ; elle me dit :