Il la serrait dans ses bras en la couvrant de baisers. Elle pencha la tête sur son épaule, tout épuisée de la fatigue de ces heureuses journées; il sentit que son front était brûlant.

—Luisa, vous n'en pouvez plus, rentrons!

—Non! non! dit-elle, il fait bon là!... sentez-vous?

La soirée s'avançait, la lune montait derrière la montagne éloignée, et les petites brises espacées fraîchissaient.

—Comme on respire! mio, dit-elle, comme on est bien!

Il arrangea les coussins sous son corps. C'était un grand plaisir de le soulever, de le reposer sur la moleskine froide, et de le sentir plus à l'aise. Elle nouait à son cou ses jolies mains fines, un peu grasses; il lui enlaçait les reins, et la déposait sur le divan improvisé.

—Là! là! es-tu bien?

—Oh! bien! bien! mon mio!

Elle ne l'appelait que mio quand ils étaient seuls; et elle redoublait quelquefois ce gracieux terme de possession en ajoutant le mot français à l'italien: «mon mio!» Toutes les fois qu'elle prononçait ce mot-là, elle fermait les yeux, comme si elle l'allait chercher au dedans d'elle et très loin, et quand elle l'avait dit doucement, de ses lèvres tendues qui semblaient en le prononçant, se baiser elles-mêmes par deux fois, elle entr'ouvrait la bouche pour recevoir le baiser que sa belle tendresse avait mérité.

—Maintenant, veux-tu que je mette à l'eau notre barque? je vais prendre les avirons, et nous irons au-devant de la lune qui vient là bas.