—La lune? où ça? mais je ne la vois pas....

—Soulève toi sur mon bras... tiens! regarde sa grande corne rouge qui sort de la montagne. Mais tu m'embrasses et tu ne regardes rien!

—Ah! mio, que je suis donc fatiguée; pourquoi es-tu venu si loin? Je voulais te voir ce soir encore une fois; mais je dormais déjà debout au milieu de ces dames. On a fait de la musique, la petite Solweg a chanté admirablement; c'est un ange....

—Ha! ha! ha!

—Bon! tu ris comme au moment où je suis arrivée; qu'as-tu?

—Mais c'est ton «ange», ma chérie, qui me fait rire. Je croyais qu'il n'y avait plus d'anges; et voilà qu'il nous en vient un de Paris! C'est tellement inattendu!

Mio, je ne vous aime pas quand vous riez comme cela. Cela ne vous va point. Il me semble que je vous entends chanter faux...

—Non! non! mon amour, mon cher amour! Je ne suis pas si méchant que tu crois. Seulement, pourquoi me parler encore de cette petite? Tu sais que j'ai été très ennuyé, agacé de l'affaire de la grotte. Je voudrais l'oublier.

—Oh! vous ne cherchez que des raisons de vous rompre la tête! Cette petite ne pense déjà plus à cela. En tout cas, elle interprète ce qui vous concerne dans un sens favorable: je crois que vous lui plaisez.

—Voyez-vous ça!... Le petit ange!