—Il n'a pas neuf mois?… reprit la mère Fouillette; j'aurais voulu vous voir à son âge; vous deviez être joli! Il n'a pas neuf mois? Eh bien! c'est la vérité, qu'il n'a pas neuf mois! seulement, je vous dis qu'il l'a eue, la maladie!

—Non! affirma Coqueugniot.

—Il l'a eue, monsieur Coqueugniot! Même qu'il l'a eue en même temps que sa sœur.

—Sa sœur!… Il a une sœur! Comment se porte mademoiselle votre sœur, monsieur Paletot?

Mais la mère Fouillette restait grave; elle tenait à élucider la question de la maladie.

—Vous pouvez aller le demander à m'ame Gagneux, s'il n'a pas eu la maladie en même temps que sa sœur. (C'est Mirza qu'elle a nom; oui, monsieur!) Vous pensez bien que m'ame Gagneux n'est pas une femme à aller vendre une chienne vingt francs sans qu'elle ait eu la maladie. Vingt francs, oui, monsieur et madame!… Ah! ça n'est pas à moi qu'elle l'a vendue; moi, elle m'a fait cadeau de Paletot…

—A qui l'a-t-elle vendue vingt francs?

—Ah! j'ai eu la langue trop longue, je m'en aperçois. Je n'aurais point voulu le dire à madame, mais puisque c'est monsieur Coqueugniot qui m'y pousse par son incrédulité, eh bien! c'est à madame Plancoulaine qu'appartient, à l'heure qu'il est, la sœur à Paletot. Na!… Pour ce qui est d'avoir eu la maladie, elle l'a eue, et lui aussi, j'en réponds!

Voilà que Paletot avait une sœur chez les Plancoulaine! Heureusement, il nous avait tous gagnés par sa gentillesse: on ne lui en voulut pas. On présenta Paletot, le soir, au docteur, et on lui dit:

—Il a sa sœur chez les Plancoulaine.