XV
—Moi, dit petite-maman, au milieu du dîner, si j'avais eu à me rendre à un bal costumé, je sais bien ce que j'aurais mis…
Mon père la regarda tristement.
—Qu'est-ce que tu aurais mis, voyons?…
—Ah! voilà!…
Le silence retomba. Mais elle poursuivait en elle-même son idée. Dix minutes s'écoulèrent; elle dit:
—Moi, j'aurais fait une Joséphine impératrice très passable…
—Parbleu! je te crois!
—Ce n'est pas une plaisanterie: je parie que tu ne connais seulement pas les deux robes Empire que j'ai là-haut… authentiques, s'il vous plaît: elles ont été portées par mon arrière-grand'mère, qui était de la Martinique et qui connaissait beaucoup les Tascher de La Pagerie. Elle avait joué avec Joséphine. Ah! j'ai assez entendu raconter ça quand j'étais petite!… Je te les montrerai, tu verras.
—Certainement! dit mon père.