—Mais, Taillasson, vous allez vous faire casser la tête!
—Tant mieux! répondait-il. C'est lui qui en paiera les morceaux!… C'est-y moi qui ai commandé le gâchis?
Il désignait M. Fesquet et la chaussée, pareille au sol d'une forêt en exploitation.
M. Fesquet lui lança de loin:
—Coquin! vous avez signé la pétition!
C'était exact. Comme tout le monde, Taillasson avait signé la pétition. Mais entre signer un papier et approuver le fait accompli, virtuellement contenu dans le cercle fanfaron du paraphe, il y a un abîme que l'esprit de Taillasson ne franchissait pas.
Sous l'averse de bois, Taillasson déménageait la grange; il avait sorti un moulin à battre le blé, des garde-manger en toile métallique, une bascule, des cages à poulets. Enfin parut un gendarme. Il s'avança lentement, se fit expliquer, ne comprit point, mais alla vers Taillasson et lui commanda de ne pas s'exposer. Taillasson prit son temps pour réintégrer les objets dans la grange. Une branche de la grosseur de sa cuisse tomba, de vingt mètres, à un demi-pas de lui. Des femmes poussèrent un cri; un homme sensible assura que l'imprudent était mort. Mais Taillasson fut aperçu debout, indemne. Alors la colère tourna contre lui, et M. Fesquet reprit de l'avantage. Il disait autour de lui:
—C'est un crétin! Vous voyez bien que c'est un crétin!
—Le fait est… murmurait-on.
—A quoi bon tout ce tapage? Pas une ardoise ne sera seulement écornée!… Le premier venu peut juger d'ici où tombera la maîtresse branche.