—Oh! moi, je n'ai pas d'opinion là-dessus. Je m'en lave les mains!

Mon père ne disait rien. Il songeait à l'argument de la politesse, que venait d'invoquer sa belle-mère.

Effectivement, les Plancoulaine ayant fait une visite aux grands-parents, les grands-parents leur devaient une visite. Mais, à nous, ils nous avaient adressé une invitation, somme toute, puisqu'ils nous avaient fait dire qu'ils l'adresseraient si nous nous engagions à l'accepter. Ne leur devions-nous pas quelque chose? Pour le moins une carte?

Oui, dans l'opinion commune nous leur devions cela. L'opinion commune ne nous avait-elle pas accusés de «bouder» les Plancoulaine? Le moment approchait où nous allions être impolis!

Mon père tournait et retournait cette idée. Cette idée le stupéfiait. Pour aujourd'hui, elle l'absorba seulement; elle ne pouvait encore porter de fruits. On parla d'autre chose.

VIII

Les grands-parents firent leur visite. Ils ne nous en informèrent pas, mais nous le sûmes, car cette visite fut l'objet de nombreux commentaires.

Madame Gantois, arrivée la première à la maison, le soir même, prit les mains de petite-maman et les lui serra en disant:

—Vous avez raison, cent fois raison, ma chère petite. Pour mon compte, je vous fais tous mes compliments, et je les adresserai aussi de vive voix à monsieur Nadaud.

Petite-maman ne comprenait pas.