«Mon cher Riquet,
»Mille mercis pour ta magnifique bourriche de gibier.
»PLANCOULAINE.»
—Eh bien! dit mon père, qui lisait sur mon épaule, c'est laconique!
J'entendais son cœur battre. Petite-maman était sur mon autre épaule, et son souffle me retroussait les cheveux.
Il y avait sur la seconde page un post-scriptum:
«P.-S.—Comme il est possible que tu n'aies pas tout seul exécuté une si splendide hécatombe, il est trop juste que tu transmettes nos remerciements à l'adroit fusil qui t'a secondé.»
—C'est tout?
—C'est tout!
—Tu n'es pas content? dit petite-maman. On t'appelle «adroit fusil»; fallait-il qu'on te nommât «fier gentilhomme»?
La réponse des Plancoulaine était froide, mais courtoise.
Ils consentaient à manger notre gibier. Nous eussions pu attendre d'eux une visite; mais les Plancoulaine, c'était une chose admise, ne sortaient pas. C'était donc à nous d'aller chez eux.