—Mais nous le sommes, madame, veuillez le croire.

—A la bonne heure! Il y aura plus de joie au ciel pour un seul pécheur converti que pour cent justes qui…

Elle coupait aux églantiers une demi-douzaine de roses magnifiques:

—Prenez ça, ma belle!

Nous dûmes nous confondre en remerciements. Il fallait, bon gré mal gré, se déclarer ses obligés. Elle nous conduisait jusqu'à la ferme. Par les fenêtres des cuisines les domestiques étaient témoins de l'honneur qu'on nous faisait. Une porte s'ouvrit tout à coup, et la cuisinière, Françoise, vint vers nous, tenant un chien sur le bras. Elle nous adressait de loin force petits saluts; son œil parlait; elle aussi «s'était bien doutée quand elle avait vu la bourriche». Elle dit en arrivant près de nous:

—C'est Mirza, la sœur au petit chien de monsieur et madame Nadaud. Monsieur et madame vont bien?

—Mais oui, Françoise; merci. Ah! voilà donc «la sœur» dont nous avons tant entendu parler!

—C'est comme ici, dit madame Plancoulaine, vous ne vous doutez pas combien on nous rebat les oreilles de votre chien Paletot. Il faudra nous l'amener la prochaine fois.

Les domestiques, de part et d'autre, avaient poussé au traité de paix. Si la mère Fouillette trouvait que nous dînions trop souvent à la maison, les gens, chez les Plancoulaine, reprochaient aux jumeaux Courtois de «hacher» les canapés et le jardin.

Nous prîmes congé au seuil de la ferme.