Alors je vis mon père, enhardi, qui se disposait à lui parler. Il s'était encore une fois rapproché de lui. Il allait parler, quand M. Plancoulaine, qui probablement suivait son jeu, lui lança pour toute politesse, en me désignant du doigt:

—Qu'est-ce que vous allez faire de cet enfant-là?

Il avait jeté son aumône. Il dédaigna la réponse. Mon père disait:

—Mais je vais le mettre au collège à la rentrée…

M. Plancoulaine avait déjà tourné la tête et causait musique avec le compositeur.

Mon père fit signe à sa femme qu'il était temps de nous retirer, et il profita du brouhaha, qui durait encore, pour saluer à distance M. Plancoulaine, sans lui tendre la main.

Madame Plancoulaine nous reconduisit. Elle descendit avec nous les marches du perron, en nouant sous son menton les brides d'un chapeau de jardin.

—Mais, madame, ne vous donnez donc pas la peine, je vous en prie!

—C'est trop aimable à vous, madame… nous ne souffrirons pas!…

—Allons donc! dit madame Plancoulaine, il y a trop longtemps que je ne vous ai vus! Je suis sûre que c'est moi la plus contente…