Suzanne qui faisait la sérieuse, à cause de son petit frère malade, ne contient plus sa joie à l'idée que son père est là. Au cinquième, elle carillonne et crie: «Papa!... papa!...»

Jusque de l'étage inférieur, j'entends le bruit bien connu de la chaîne de sûreté, du verrou, puis la voix du papa étouffée par les embrassements et les rires de Suzanne, qui s'est barbouillée de savon, son père ayant été surpris le blaireau à la main. J'arrive enfin:

—C'est Jean qui est malade... J'ai voulu le ramener dare-dare... Le concierge est chez le docteur Clair...

Une fois chez moi et ayant vu mon mari vivant, et debout, je ne songe même plus à m'informer du motif qui peut faire qu'il soit là, et non dans la Dordogne; je ne songe plus qu'à coucher mon petit dans son lit, à épier la sonnerie de l'entrée, la visite du docteur.

Après s'être informé de ce qui concerne le petit malade, la première question que mon mari me pose est celle-ci:

—Avez-vous eu là-bas des nouvelles des Voulasne?

—Des Voulasne? mais oui: ils sont partis pour l'Espagne.

Il sursaute:

—Quand ça?... Mais depuis quand?...