Loupaing n'était pas fier en face de la sincérité et de l'absolutisme de cette indignation. Il n'était pas brave. Ce fut sa mère qui osa parler:

—C'est pas là peine de nous faire un affront. On n'a pas eu l'idée de vous offenser. C'était une chose qui nous plaisait; on a voulu s'en expliquer, c'est pas plus méchant que ça... Pardi, on sait bien que vous n'estimez pas les travailleurs: c'est plutôt la dorure qui vous tape dans l'œil; mais c'est comme pour le reste: faut y mettre le prix. Vous n'êtes pas non plus sans savoir, comme dit cet autre, que faute de grives on mange des merles? Peut-être bien qu'un jour vous ne serez point si faraude... Mais parle donc, toi aussi, ajouta-t-elle en secouant le bras de son fils qui restait coi.

—Qu'est-ce que tu veux que je dise? fit-il. On a peut-être bien eu tort: je vous l'avais-il pas dit aussi que ça n'irait pas comme on voudrait?

—Mais cause-lui donc, dis-lui donc quelque chose à elle, avant de t'en aller, pour raccommoder les affaires!

Mariette soutenait sa maîtresse; elle la posa, pâle comme une morte, sur son fauteuil. Mlle Cloque dardait néanmoins des yeux furieux qui continuaient de dire: «Allez-vous-en! allez-vous-en!»

Loupaing rassembla tous ses moyens et prononça:

—Nom de D....! C'est vexant.

Et il mit son chapeau.

Sa mère haussa les épaules. Mais tous trois sortirent.

On crut que Mlle Cloque allait mourir. On envoya chercher Cornet et l'abbé Moisan. Ils étaient là tous les deux quand vint le marquis d'Aubrebie. Elle les pria de la laisser un instant avec celui-ci. Ce fut à son vieux mécréant d'ami qu'elle demanda le service de lui avancer de quoi payer le propriétaire. M. d'Aubrebie faillit l'embrasser de joie: