Mais Geneviève la décontenança par un sourire étrange et charmant, le sourire que les peintres d'autrefois ont mis sur les lèvres des saintes femmes, et qu'on ne voit qu'aux figures chrétiennes, le sourire de la foi complète, absolue.
—Tu n'as pas peur que cela arrive?
—Non, fit Geneviève.
—Non! Mais pourquoi? voyons, ma chère petite, il faut penser à tout; il faut tout prévoir, surtout le pire, hélas! en ce bas monde. Eh bien sur quoi te fondes-tu pour avoir tant d'assurance? songe donc, mon enfant, que ce jeune homme n'est même pas encore ton fiancé; il n'a pas été autorisé à t'offrir une fleur; vous n'avez rien échangé?...
—Oh! si! s'écria Geneviève.
—Quoi donc, quoi donc? Voyons! Il t'a parlé; il t'a dit quelque chose?
—Oh! oui.
Geneviève confuse jeta sa jolie tête sur l'épaule de sa tante, et ses yeux se mouillèrent sans qu'elle pût parler.
—Il t'a dit?... il t'a dit?... Allons, ma chère petite enfant, il t'a dit quoi?... il t'a dit qu'il... t'aimais?
Geneviève toute troublée fit signe que oui, puis elle releva la tête en regardant sa tante de ces yeux célestes qu'a la jeune fille qui atteint l'âge de l'amour en étant demeurée complètement pure.