Presque tous, à propos d’elle, n’ont à la bouche que le mot « divorce ». Elle n’en veut pas entendre parler plus qu’au premier jour ; elle dit simplement :
— J’ai mes idées sur le mariage.
Elle ne laisse point devant elle attaquer son mari.
Cependant je maintiens qu’elle ne pense pas trop à son mari.
6 juillet.
Tantôt, elle est venue tout à coup s’asseoir à côté de moi sur un tabouret, et elle m’a dit :
— Vous seriez gentil tout plein, si vous restiez à dîner avec nous.
J’ai cru que d’autres seraient priés ; mais peu à peu tout le monde s’est retiré, et je me suis trouvé seul avec madame de Pons et sa mère. Je me rappelle que je me suis commandé énergiquement :
« Ne pense pas ! n’interprète pas ! Tu commettrais une niaiserie… »
Et, en effet, je n’ai pas pensé, je n’ai pas interprété : je me suis abandonné, simplement, au plaisir de passer une soirée avec elle. Pour les imaginatifs, il n’y a de plaisirs que les imprévus, tous les autres étant gâchés par avance.