— Mais cette fille ! cette fille a dû écrire à quelqu’un, à une amie, à un amant, à une couturière, à une concierge, que sais-je !

— Que sais-je, moi-même ?

— Vous semblez froissé !

Je compris que je n’étais plus maître de moi. Je me raidis et mentis :

— Froissé ? dis-je, pouvez-vous croire !… et pourquoi ?

— Je ne le demande, dit-elle. Enfin, vous devez comprendre mon angoisse : il s’agit de savoir si mon mari va revenir ou bien non.

Je lui ai promis de faire une enquête. Son angoisse est trop légitime, et, quant à ses sentiments, ne signifie rien.

Il reste que c’est à moi qu’elle a confié son angoisse.

Elle aurait pu la confier à Hubert, entre autres, qui est cent fois mieux placé que moi, par le monde qu’il fréquente, pour la soulager…

Ces alertes sentimentales me brisent.