11 juillet.
J’ai écrit, il n’y a pas longtemps, que mon amour m’élevait : aujourd’hui, il m’a conduit rue La Bruyère chez une concierge avec qui j’ai parlé, durant vingt minutes, de Gaby Brewster. Gaby semble bien n’avoir pas donné signe de vie.
Au surplus, la concierge m’a renvoyé chez une certaine Lise de Lys, intime amie de Gaby. Lise de Lys a été stupéfaite, et fâchée de découvrir un amant de Gaby qu’elle ne connaissait pas.
Quel moyen de lui faire entendre que je n’étais pas un amant de Gaby ?
— Ah ! elle m’a fait des cachotteries ! a dit Lise de Lys ; eh bien ! rien ne m’étonne plus…
J’essayai de défendre Gaby.
— Rien ne m’étonne plus ! reprit Lise de Lys. Ainsi, on m’a volé des boucles d’oreilles en diamants, vous n’êtes pas sans en avoir entendu parler par les journaux ?… eh bien ! je ne voulais pas le croire, non… c’était une femme qui s’était toujours conduite correctement avec moi ; mais, à présent qu’elle a agi en cachette de moi…
Bon ! voilà que j’étais cause qu’on accusait Gaby d’avoir dérobé les boucles d’oreilles en diamants ! Je dus plaider tout de bon pour la disparue. J’étais venu pour m’informer d’elle ; ce fut moi que l’on pressa d’interrogations. Ma discrétion extrême fut suspecte. Pour me tirer du mauvais pas et, du même coup, innocenter Gaby, je dus feindre de confesser que je ne m’étais servi du nom de Gaby que pour m’introduire près de la séduisante Lise de Lys.
— Ah ! bien ! me dit la belle, vous, par exemple, vous êtes un type !… Mais il y en a comme vous.
J’ai fait très fidèlement le récit de ma mission à madame de Pons, et sans rire. Elle m’a écouté, elle-même, sans rire le moins du monde. Ce ne fut qu’un peu plus tard, lorsqu’elle eut pris son parti de l’échec de ma mission, qu’elle se laissa atteindre par le burlesque de l’aventure. Alors elle se mit à rire, trop. Franchement, elle n’a guère été gentille de me dire :