Je lui ai dit :
— Je sais que votre mari vous a écrit qu’il était malheureux et qu’il désirait vous voir. Par la même lettre, il vous fixait un rendez-vous. Vous y êtes allée. Et votre mari vous a fait pleurer…
Elle m’interrompt :
— Comment savez-vous cela ?… Comment est-il possible que…
— Je le sais, vous le voyez bien !… Ce n’est pas par votre mari lui-même, car, si je le rencontrais, je lui tournerais le dos avec dégoût… Je le sais par quelqu’un qui a reçu cette confidence, et non pas, lui non plus, de votre mari !… Vous voyez donc l’usage que fait votre mari de vos bontés excessives et de vos larmes…
Elle est épouvantée, elle s’écrie :
— Il a été raconter cela !… Mais où ?… mais à qui ?…
— Qu’importe le lieu ? et qu’importe la personne ? C’est partout et c’est à tout le monde, puisque vous vous apercevez que déjà cela revient à vous !
Elle est atterrée, elle me demande pardon. Je vois son visage bouleversé. Je crois commettre un sacrilège en lui donnant tout à coup tant à souffrir. Mais, un moment, aussi, je l’ai haïe pour s’être rendue à l’appel de son mari.
Elle répète, au milieu de sanglots :