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L'endroit d'où partait cette lumière était d'apparence misérable et sordide. Le jour bas, ainsi que celui que répand une maigre lampe, venait d'un point de la muraille et ne laissait rien distinguer convenablement.
Moïse, ayant cependant reconnu le cachot où il avait enfermé Joseph, se précipita vers l'objet qu'il croyait être en effet une lampe. Il s'imaginait bien qu'il allait découvrir à l'aide de cette lumière le pauvre Joseph dans le dernier état ; mais il espérait quant à lui avoir la vie sauve.
Moïse n'avait pas encore mis la main sur l'objet qu'il prenait pour une lampe, lorsqu'il fut touché rudement à l'épaule par quelqu'un de plus grand et de plus fort que le fils de l'Empereur lui-même et tous ses chevaliers. Il se retourna et reconnut Joseph.
Alors il poussa un cri et fut saisi de peur. Vespasien et ses chevaliers s'écartèrent jusque vers les murailles, car ils tremblaient dans leurs membres et dans leur esprit, à cause de la puissance de Dieu.
Joseph dit :
— Ceci est le vaisseau qui contient le sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ… Qui es-tu donc, toi qui portes la main sur le Fils de Dieu?
Moïse n'osa pas dire qu'il était celui qui avait posé Joseph dans ce mauvais endroit, mais il dit :
— Voici le prince Vespasien, le fils de l'Empereur de Rome, qui vient te tirer de prison!…
— Qui parle de prison? dit Joseph, je ne suis pas en prison…