— Allons à l'intérieur.
Tabubu le fit monter par le perron, et ils pénétrèrent dans une salle ouverte par tout un côté sur le dehors et d'où l'on apercevait les ébats des joyeuses filles. Elle était ornée de lapis-lazuli et de vraies turquoises. Il y avait autour de la pièce des lits nombreux drapés d'étoffe de fin lin. Nombre de coupes d'or étaient disposées sur un buffet et chacune était remplie de vin. On apporta des mets variés et des fruits.
— Qu'il te plaise boire et manger, dit Tabubu.
— Ce n'est pas ce que je demande, dit Setna.
Tabubu lui dit :
— Moi, je suis sage, je ne suis pas une personne vile. Si tu tiens à faire ce que tu veux avec moi, il faut me céder par contrat tous tes biens.
— Pourquoi n'ôtes-tu pas le voile qui te couvre la figure? dit Setna.
— Je viens précisément de t'en donner la raison. Tu te trompes si tu me crois celle que tu penses.
«Voici cinquante-deux jeunes filles sans aucun voile et ce n'est pas elles que tu désires. Laisse donc cela. D'ailleurs ne suis-je pas très bien faite par tout le reste du corps?
— Si, si, dit Setna, je vois que tu es parfaitement bien ; finissons, allons à l'intérieur.