— Tabubu fait dire à Setna qu'il se trompe s'il la prend pour une personne vile, et qu'elle est sage.

— C'est bien! dit Setna dont la figure se colorait comme le ciel au soleil couchant, retourne encore et fais dire à Tabubu que je suis capable d'user de violence.

Le jeune serviteur parlementa de nouveau et revint :

— Tabubu répond que, dans ce cas, il n'y a qu'à aller la trouver chez elle, dans une belle maison derrière le temple de Bast, et que là, Setna fera d'elle tout ce qu'il voudra, moyennant dix pièces d'argent.

Le soir même, Setna se rendit derrière le temple de Bast, et, avisant une belle maison, il demanda qui demeurait là. On le prit d'abord pour un homme ivre ; mais, comme il insistait, quelqu'un lui dit d'un air équivoque :

— C'est Tabubu.

— Fort bien, dit Setna, c'est chez elle que je vais.

On avertit Tabubu. Elle descendit, modestement voilée, mais couverte de riches parures ; et Setna se félicita d'être venu chez elle. Elle le prit par la main et le conduisit dans le jardin où il vit les cinquante-deux jeunes filles occupées à chanter, à jouer ou à prendre des poses propres à ravir les yeux. Les pelouses étaient très bien éclairées et l'eau des bassins, formant miroir, multipliait les lumières.

— Tu vois, dit Tabubu, que rien ne laisse à désirer dans ma maison.

Setna, qui se sentait le feu dans le corps, dit :