— Et vous, mesdemoiselles? dit l'assemblée, émue et tout d'une seule voix, en s'adressant aux soixante-trois courtisanes restantes.

Celles-ci furent secouées d'un sanglot unanime et pour toute réponse montrèrent les marques visibles des combats qu'elles s'étaient livrés entre elles avant de monter dans la cage, par suite de leur empressement et à cause de la renommée que le détenu s'était acquise dans les exploits amoureux.

TABUBU

Un brave homme, nommé Setna, en se promenant un jour sur le bord du Nil, aperçut une femme qui lui parut très belle, bien qu'il ne lui vît pas la figure. Elle portait beaucoup d'or sur ses vêtements, et elle était suivie de cinquante-deux jeunes filles de tournure agréable.

Setna en perdit immédiatement la tête. Il fit signe à son jeune serviteur et lui commanda de savoir tout de suite qui était cette femme.

Le jeune serviteur s'approcha aussitôt de la jeune servante qui marchait derrière la belle femme et lui demanda le nom de sa maîtresse.

— Tabubu, dit la jeune servante. Et elle sourit à cause de celui qui en était encore à s'informer de Tabubu, que connaissaient tous les hommes.

Le jeune serviteur rapporta à Setna ce qu'il avait appris.

— Retourne vers cette fille et dis-lui d'avertir sa maîtresse que je m'appelle Setna et que je donnerai dix pièces d'argent pour passer une heure avec elle.

Le garçon rapporta la réponse :