Les enfants étant rentrés signèrent ce qu'on leur demandait. Après quoi, Setna dit :

— Finissons, allons à l'intérieur!

— Moi, je suis sage, dit Tabubu ; je ne suis pas une personne vile ; si tu tiens absolument à faire ce que tu veux avec moi, fais tuer tes enfants pour qu'ils ne se disputent pas un jour avec les miens.

— Je voudrais au moins, dit Setna, que tu ôtasses ton voile afin de savoir pour quelle beauté, je vais commettre cette méchante action.

Tabubu lança un vif éclat de rire. Elle se promenait à contre-jour, le long de la muraille qui portait les lumières, de sorte que l'on voyait la forme de son corps au travers de l'habit de lin. Et il n'y avait que son visage que l'on ne vît point.

Setna se tourna vers ses enfants, afin de leur demander s'ils comprenaient que l'on fît les plus grandes folies pour cette femme. Mais il vit ceux d'entre eux qui commençaient à être des hommes s'élancer vers Tabubu avec tous les signes d'un désir au moins égal au sien, et il pensa qu'ils tueraient leur père pour passer une heure avec elle. Alors il dit :

— Qu'on les tue!

Tabubu les fit égorger là où ils étaient et fit jeter leurs corps en bas du perron, devant les chiens et les chats qui mangèrent leur chair. Setna entendit ronger leurs os en buvant avec Tabubu.

— Tout ce que tu m'as demandé, je l'ai fait, dit-il ; finissons, allons à l'intérieur.

— Entre dans cette salle.