«Je vous attends et vous supplie.»
«Marie.»
Enfin une troisième avait été distribuée le matin, et voilà ce qu'elle contenait:
«Si vous êtes vivant, vous aurez pitié. Vous ne pouvez me tenir rigueur de la réponse que je vous ai donnée dans l'escalier, puisque je n'étais pas libre de vous en donner une autre. Maintenant je le suis. Ce mot est-il une «autre réponse»? Que pourrais-je y ajouter? Mais, vous savez cela depuis quinze jours et vous n'avez pas paru. Vous êtes parti!... Quelle impatience! n'ai-je pas agi assez vite? Ah! si vous êtes quelque part où ceci ne vous atteindra pas! O mon ami!... Je pleure jour et nuit. On croit que c'est à cause de ce que j'ai fait, ou plutôt défait; mais personne ne sait pourquoi j'ai fait ou défait cela. Et j'en suis même étonnée, parce qu'il me semble que ça saute aux yeux. Je suis perdue.
«Marie.»
—Ma cousine! ma cousine!
La chère femme accourt tout essoufflée:
—Venez que je vous embrasse!... Non! lisez tout de suite!
Elle commence par ouvrir les yeux; elle sourit et toute sa figure exprime le contentement et la surprise joyeuse, en même temps toutefois que la confirmation de quelque chose dont elle eut eu comme un soupçon. Puis elle se chiffonne, et cela je l'attendais, parce que ma bonne parente est effarouchée de ce que Marie ose m'écrire.
—Mais, ma cousine bien-aimée, si cette petite ne m'avait pas écrit cela, je ne l'eusse appris jamais et j'emportais et j'allais répandre d'elle une opinion bien fâcheuse, et j'en ai failli mourir, paraît-il. Trouvez-vous si décent de laisser étouffer des sentiments dans l'ombre qui, mis en lumière, donneront à la vie sa beauté?