—C'est que j'atteins un moment de félicité qu'aucun homme n'a dépassé, j'en suis sûr. Pourquoi le dépasserais-je? Alors je suis sur le faîte, comprenez-vous, d'où l'on ne peut que redescendre ou tomber...
—Mon ami, dit-elle, vous n'atteindrez ce faîte que lorsque vous serez en état de ne pas empoisonner vos joies. Pour le moment, je n'ai pas peur, parce que vous ne l'avez pas atteint.
Nous allions pénétrer dans les petites allées tortueuses du jardin anglais. Marie m'avait pris le bras et s'y laissait porter; elle élevait les yeux vers moi et leur grande paix noyait mes inquiétudes.
—Marie, Marie, je crois cependant que je vais gagner ce faîte; je ne fais plus que vous aimer.
—Vous faites donc comme moi, dit-elle, en découvrant tout à coup ses lèvres entr'ouvertes et serrées sur les dents. Elle fermait doucement les yeux, à demi; j'allais me pencher la baiser, dans un instant d'affolement complet. Elle me dit:
—Quelqu'un nous a vus.
Mon premier mouvement fut de sourire:
—Méchante! vous voulez voir si mon bonheur peut être troublé maintenant?
—Je le verrai bien en effet!
—Que voulez-vous dire?