Le district levé du Fouta Djalon, qui dépasse souvent 1000 mètres d’altitude, présente des caractères spéciaux, assez nombreux pour qu’il soit nécessaire de le mettre à part : certains traits le rapprochent de l’Abyssinie, et il forme dans les zones guinéenne et soudanaise un îlot spécial, avec une flore subalpine.
La zone sahélienne est la bordure méridionale du désert ; le doum (Cucifera thebaïca Del.), rare dans la zone soudanaise, devient commun et, dans tous les points un peu humides, remplace le rônier. L’aderas (Balsamodendron africanum Arn.), l’afernane (Euphorbia balsaminifera Aït.), le tadane (Boscia senegalensis Lam.), le gommier (Acacia verek Guill.), l’Acacia arabica Willd., rares plus au sud, y forment des peuplements importants ; ils sont souvent accompagnés par le talah (Acacia tortilis Hayne), l’asabay (Leptadenia Spartum Wight) et quelques autres formes que l’on retrouve dans une bonne partie du désert. En revanche la plupart des plantes salées (had, etc.) caractéristiques du Sahara, manquent dans le Sahel, où il faut donner du sel aux chameaux.
La limite nord de cette zone, voisine du 18° Lat. N. vers l’Atlantique, s’abaisse dans la région du Tchad vers le 15° Lat. ; mais elle est loin d’être rectiligne et présente vers le nord quelques crochets dont deux correspondent à l’Adr’ar’ des Ifor’as et à l’Aïr à qui leur altitude assez élevée procure tous les ans quelques tornades ; d’après les renseignements de Nachtigal, le Tibesti semble appartenir lui aussi à cette zone sahélienne.
Cette limite paraît correspondre assez rigoureusement à celle des pluies tropicales régulières ; les précipitations annuelles y varient probablement entre 150 et 500 millimètres ; plus au nord, il n’y a plus que des orages accidentels et le désert commence.
Dans la zone sahélienne les pâturages sont abondants ; dans sa partie méridionale, elle convient fort bien à l’élevage. La culture n’y est possible que dans des conditions particulières ; elle nécessité l’irrigation ; sous cette condition, le petit mil et le blé, et, dans la zone d’inondation du Niger, le riz, donnent de beaux produits.
Quant au Sahara, compris entre l’Afrique mineure et la zone sahélienne, il semble que l’on y peut distinguer par quelques caractères botaniques un Sahara soudanais et un Sahara algérien. Au-dessus de 1000 mètres, l’Ahaggar paraît y former une province alpestre assez nette.
Fig. 58. — Zones de végétation de l’Afrique occidentale.
+++ Limite du Karité ; I, Zone forestière équatoriale ; II, Zone guinéenne ; III, Zone soudanaise ; IV, Zone sahélienne ; V, VI, Zone saharienne ; VII, Zone méditerranéenne ; VIII, Région de l’Ahaggar ; IX, Région du Fouta Djalon.
Il convient d’ajouter, à ces zones parallèles à l’équateur et qui sont fonction de la latitude, et à celles que détermine l’hypsométrie (Fouta-Djalon, Ahaggar), la région littorale qui, comme partout, présente des caractères particuliers. Le cocotier, introduit il y a quelques siècles par les Portugais, pousse bien jusqu’à St-Louis. Le long du littoral de Mauritanie viennent s’adjoindre, aux formes nettement sahariennes qui constituent le fond de la végétation, quelques espèces sénégalaises qui remontent plus haut en latitude sur les côtes de l’Atlantique que dans l’intérieur ; vers le cap Blanc, quelques formes canariennes sont à signaler. Enfin les tamarix forment presque des taillis en un grand nombre de points du littoral, surtout au sud de Nouakchott.