Sur le littoral de Mauritanie, à courte distance du rivage, les talah poussent en buissons elliptiques hauts de 1 mètre à 1 m. 50, et de 7 à 8 mètres de diamètre. Cette forme, en bouclier, a été observée partout au bord de la mer, chez divers végétaux.

Le genre Acacia renferme environ 450 espèces, des régions chaudes du globe, surtout en Afrique et en Australie.

Le Bauhinia rufescens Lam. [delga (haoussa), andar (maure)] est un bel arbuste, commun dès le sud de l’Aïr ; on le trouve dans tous les endroits frais ; il est abondant autour des mares du Tegama ; on le connaît à Tombouctou et en Mauritanie. Il est facile à reconnaître à ses belles grappes de fleurs blanches, rappelant celles de l’acacia d’Europe, à son écorce blanche et surtout à ses feuilles assez petites et échancrées au sommet. Cet arbre, au moins en pays touareg, est souvent mutilé : pour savoir quelle sera la durée de sa vie, le Touareg prend les deux rameaux qui terminent une branche de delga et cherche à les séparer ; si la branche se fend, sans rupture, jusqu’au tronc, la mort de l’opérateur est lointaine ; l’expérience, qui réussit facilement, est fréquente, si l’on en juge par l’aspect des arbres.

Le Bauhinia reticulata L. (kalgo en haoussa), un peu plus méridional que le précédent, se rencontre, du Nil au Sénégal, dans toutes les parties humides de la zone sahélienne qu’il dépasse largement vers le sud, jusqu’en Mozambique ; il forme des buissons, hauts de 3 à 4 mètres, avec des feuilles coriaces et luisantes, à nervures bien marquées, larges comme celles du lilas, mais en forme de cœur renversé, échancrées au sommet ; il apparaît dans le Tegama vers le 15° de Lat. N.

Le genre Bauhinia comprend environ 150 espèces des régions tropicales.

Le genre Cassia renferme de nombreuses espèces (150 ?) surtout de l’Amérique chaude. Il est représenté au Sahara par quelques sous-arbrisseaux dont le plus répandu (C. obovata Col.) fournissait autrefois le séné, toujours usité par les Touaregs. J’ai déjà indiqué quelle était sa limite nord ([p. 157]).

Les Genets (Genista, dont Retama n’est qu’une section) sont représentés par 80 espèces environ qui sont répandues en Europe, dans le nord de l’Afrique et l’ouest de l’Asie ; vers le sud, ce genre, surtout méditerranéen, ne dépasse guère le Sahara algérien.

Tamarix. — Les tamarix, communs en Algérie et dans le Sahara arabe, sont encore fréquents dans l’Ahnet et les contreforts de l’Ahaggar ; plus au sud, ils deviennent très rares ; dans l’Adr’ar’ des Ifor’as, il en existe quelques pieds à Tin Zaouaten ; vers l’est, ce genre se montre encore près de Tin Azaoua ; Foureau le signale dans l’Aïr ; je l’ai rencontré à Nava (100 km. à l’est de Gouré) ; Barth l’indique à Buné (sud du Mounio). On le connaît aussi à l’est du Tchad, dans les dépressions de l’Eguei et du Bodelé. Il forme de véritables forêts, hautes de trois à quatre mètres, sur le littoral de Mauritanie, au sud de Nouakchott (T. gallica L., T. passerinoïdes Del.).

Le genre tamarix compte une vingtaine d’espèces (d’aucuns disent cinquante) répandues surtout dans le bassin méditerranéen ; il s’étend fort loin en Asie où il occupe toute la zone des steppes, des steppes salées surtout ; il est représenté aussi dans l’Asie tropicale et, comme nous venons de le voir, envoie quelques représentants assez loin vers le sud en Afrique. Il est, au Sahara, le seul genre arborescent qui vienne actuellement du nord. Un tamarix caractériserait, paraît-il, les régions calcaires du désert ; je n’ai pas assez de documents pour confirmer cette indication. Les tamarix sont souvent des halophytes, des arbres de régions salées : les plus beaux peuplements que j’en aie vus sont dans l’oued Tit, près d’Abalessa, et dans l’oued Tamanr’asset, au pied du Tin Hamor ; dans l’oued Zazir, au sud de l’Adr’ar’ Aregan et dans l’oued Igharghar (celui du sud) les tamarix sont abondants ; il en est de même, d’après Voinot, dans les contreforts orientaux de la Coudia. Le long de ces différents oueds, on voit souvent des dépôts de sel provenant du lavage des roches volcaniques : le guétaf (Atriplex halimus L.) qui est une plante des alluvions légèrement salées, accompagne habituellement les tamarix.

L’étude de ce genre est très délicate ; Battandier[130] en indique 12 espèces en Algérie et dans son hinterland ; une treizième, le T. senegalensis D. C., remonte assez haut sur le littoral de Mauritanie.