Le genre Leptadenia contient une douzaine d’espèces des régions chaudes de l’ancien continent.

S’appuyant sur des renseignements indigènes, Chevalier [La végétation de la région de Tombouctou, p. 24] avait indiqué avec doute l’Henophyton deserti Coss. et Dur. au voisinage de Gao, où il est désigné sous le nom d’asabaï et de ana. Ces deux noms semblent montrer qu’il y a eu confusion avec le Leptadenia qui est commun partout sur la rive du Niger. Ce n’est que dans le nord, qu’ils s’appliquent à l’Henophyton.

Quelques détails ont été donnés, dans les pages précédentes, sur d’autres asclépiadées (Dœmia, Boucerozia).

Euphorbes. — Les euphorbes sont assez abondantes au Sahara ; dans le Sahara arabe, l’E. Guyoniana Bois. et R. est une herbe à feuilles rares et couvertes d’un revêtement cireux ; dans le Sahel, l’espèce la plus notable est l’E. Balsaminifera Aït. [afernane (arabe), agoua (haoussa)]. Elle forme de gros buissons ligneux, parfois presque des arbres ([pl. XXII]) et se trouve depuis les Canaries jusqu’au voisinage du Tchad ; elle pourrait peut-être caractériser une province occidentale de la zone sahélienne.

A cause de l’âcreté de son lait, le bétail n’y touche pas et elle est souvent employée comme clôture ; elle est très facile à bouturer et il est possible que l’homme ait contribué à sa dissémination.

Les euphorbes cactoïdes n’existent qu’au voisinage du littoral, surtout vers le Maroc, et dans la zone soudanaise.

Palmiers. — Les palmiers sont surtout des arbres tropicaux et quatre d’entre eux seulement intéressent les régions qui nous occupent.

Le palmier nain (Chamærops humilis L.), le doum d’Algérie, appartient à la partie occidentale du domaine méditerranéen. Nulle part il ne pénètre au Sahara.

Le palmier d’Égypte, qui porte le même nom indigène (doum, kaba en haoussa) (Cucifera thebaïca Del., Hyphæna thebaïca L.), est facile à reconnaître à son tronc, haut de 5 à 8 mètres, plusieurs fois bifurqué. Lorsqu’il a été coupé, les repousses forment des buissons que l’on a parfois confondus avec le palmier nain. Le palmier d’Égypte est bien caractéristique de la zone sahélienne ; on le connaît dans l’Adr’ar’ des Ifor’as ; dans l’Aïr, il y en a quelques pieds à Iférouane (19° Lat. N.), et de vrais bouquets à partir d’Aoudéras (17° 40′ Lat. N.). Il existe dans le Tibesti ; sur la route de Mourzouk au Tchad, Nachtigal le signale à l’oasis de Yât (20°,30′ Lat. N.). Dans la vallée du Nil, il remonte jusqu’au 27° et atteint le 29° sur la côte orientale de la presqu’île du Sinaï.

Dans la zone sahélienne, on le trouve partout où l’eau est à une faible profondeur ; il fait cependant défaut au Tegama, même autour des mares permanentes. Il est commun dans les dallols, et plusieurs vallées importantes de la région du Zinder lui doivent leur nom (Goulbi n’Kaba). On le rencontre dans toutes les mares de la région du Manga ; l’indication de Monteil [De Saint-Louis à Tripoli par le lac Tchad, Paris, 1895, p. 200] qui donne ce palmier comme caractéristique des grandes vallées, est, par suite, inexacte.