Asclépiadées. — Les asclépiadées, famille importante surtout dans la zone tropicale, doivent, à l’aigrette soyeuse qui couronne leurs graines, de s’être répandues en grand nombre au Sahara, où elles forment plus de 3 p. 100 de mes récoltes (Battandier).
En Algérie, les asclépiadées représentent à peu près 1/300 de la flore phanérogamique ; en France 1/1000.
Deux espèces surtout méritent une mention : le Calotropis procera R. Br. (korounka-oschur-tourha-tourdja) est un arbuste haut de 4 à 5 mètres ; ses grandes feuilles, rappelant celles du chou, ses fleurs blanches, bordées de violet, et son fruit énorme ont attiré l’attention de tous les voyageurs. Lorsqu’il est blessé, il laisse échapper un suc blanc, laiteux, qui passe pour très toxique ; cette particularité l’a fait souvent confondre avec les euphorbes et il est désigné sous ce nom très inexact dans un grand nombre de rapports relatifs au Soudan. On a signalé sa présence dès le sud de l’Algérie à Methlili [Duveyrier, l. c., p. 180].
Il est commun au Touat ; mais dans la région des Oasis, il ne sort pas des jardins et il n’est pas certain qu’il ne soit pas introduit : le charbon que l’on en tire passe pour le meilleur pour faire la poudre, et les indigènes attribuent quelque valeur thérapeutique à cet arbre. Il est sûrement spontané dans le sud de l’Ahnet ; les puits de l’oued Amdja (Anou ouan Tourha) doivent leur nom à une vingtaine de Calotropis qui croissent au voisinage.
Très commun dans l’Adr’ar’ des Ifor’as et dans l’Aïr, où il forme, près d’Iférouane, un véritable taillis, il ne semble pas s’élever au delà de 1000 à 1100 mètres dans les contreforts de l’Ahaggar.
On le retrouve abondant autour du Tchad ; dans le bassin du Chari, Chevalier le mentionne à partir du Dékariré (11° Lat. N.). Il est commun autour de Tombouctou et en Mauritanie, jusqu’à l’Agneitiz ; vers l’est, on le connaît en Égypte, en Arabie et en Perse.
Il ne pousse que quand la nappe aquifère est peu profonde, aussi manque-t-il complètement dans le Tegama.
Les deux autres espèces de ce genre sont de l’Asie et de l’Afrique tropicale.
Le Leptadenia pyrotechnica Del. = L. Spartum Wight (asabai, ena, abesgui) ressemble absolument par son port au genêt d’Espagne ou au retem, dont il semble prendre la place à partir de l’Ahnet. Duveyrier [sub Genista, l. c., p. 161] le signale entre R’at et Mourzouk ; il ne dépasse pas, dans le sud de l’Ahaggar, l’altitude 1000. Leptadenia spartum est extrêmement répandu dans toute la zone sahélienne, du Sénégal à l’Arabie, sauf dans les régions trop sèches comme le Tegama ; il est très commun entre Mirrh et le Tchad où il atteint 4 ou 5 mètres de haut ; il est parfois aussi élevé dans l’Adr’ar’ des Ifor’as. Sur le littoral de Mauritanie, il n’est pas rare au sud de Nouakchott. Les pêcheurs indigènes le connaissent sous le nom de « titerek », et emploient ses fibres à la confection de leurs filets.
L’asabaï s’avance peu dans la zone soudanaise ; au sud du Tchad, Chevalier indique sa limite au lac Baro (13° Lat.).