Natif d’Agadez. Se dit d’origine tebbou.

Cliché Posth

60. — FEMME D’OANELLA, CHEF DES HOGGAR.

Imr’ad des Kel R’arous (Groupe des Ikazkazan).

Probablement de race pure.

On peut espérer, d’ailleurs, que les légendes recueillies chez les différentes confédérations permettront de débrouiller un peu l’histoire de ces tribus ; un assez grand nombre de ces traditions ont déjà été publiées et fourniront probablement des recoupements intéressants, mais je crois que ce travail de contrôle ne peut être fait utilement que sur place ; trop d’éléments d’information font encore défaut pour qu’on puisse le tenter de loin.

Autant que l’on en peut juger sans mensurations précises, les Touaregs, Kel Oui mis à part, paraissent constituer une race très homogène et très pure. Les Taïtoq, les Kel Ahaggar, les Azdjer, les Ifor’as, les Oulimminden et les Kel Gress, et probablement aussi les Touaregs de Tombouctou, se ressemblent beaucoup entre eux et ressemblent beaucoup aussi à certaines races européennes ; on doit, provisoirement tout au moins, les rattacher aux populations dolichocéphales brunes, si fréquentes autour de la Méditerranée occidentale, populations que l’on rencontre en Aquitaine et en Espagne aussi bien qu’aux Canaries et qu’en Afrique mineure, où elles forment la majeure partie des tribus indigènes. Le nom de Berbère est d’ailleurs équivoque ; il ne définit qu’un groupe linguistique assez hétérogène au point de vue anthropologique ; en dehors du domaine de la philologie, ce mot n’a aucun sens précis.

La race à laquelle appartiennent les Touaregs dérive d’une race qui, à l’époque quaternaire, dès le milieu du Paléolithique, occupait le bassin de l’Aquitaine ; les crânes anciens de Laugerie et de Chancelade, ceux de Cro-Magnon sont les témoins authentiques de sa présence à cette époque lointaine. C’est la race de « Cro-Magnon » définie par Broca dès 1868, la race « méditerranéenne » de Houzé, la race « littorale » ou « atlanto-méditerranéenne » de Deniker.

J’aurais voulu, à l’appui de cette affirmation, apporter des arguments précis, et à défaut de mensurations, tout au moins des photographies ; malheureusement, je n’ai pu réunir que peu de documents ; je n’ai pas pu me procurer de photographie des Touaregs du nord. Pour l’Adr’ar’ des Ifor’as, Cortier [l. c., p. 218] donne celles de son guide, Fenna, et de quelques femmes.