q, Quaternaire ; 3, Grès du Niger ; 2, Grès du Gourma ; 1, Quartzites siluriennes ; M, Micaschistes ; γ, Gneiss granitoïdes.
(D’après Hubert, La Géographie, XVII, 1908, Pl. 4.)
Chautard[9] signale, sous des grès horizontaux, des terrains sédimentaires plissés, très métamorphiques (quartzites et schistes amphiboliques) en Guinée et dans le Fouta Djalon ; des roches éruptives, des diabases surtout, les accompagnent. Quelques régions, comme le massif de Dinguiraye, sont constituées par des granites qui se présentent le plus souvent sous forme de dômes ou d’affleurements lenticulaires au milieu des sables. Chevalier[10] indique des formations semblables à la Côte d’Ivoire. Dans le gros travail qu’il vient de consacrer au Dahomey, Hubert[11] a décrit des formations bien analogues : « le village de Tchetti (un peu au sud du 8° de latitude nord) est au milieu d’un groupe de dômes sans orientation générale précise et dont les cinq plus importants ont une hauteur de commandement variant de 40 à 100 mètres. Ils sont constitués par un granit à grain assez fin. De Tchetti à Bassila (vers le 9° de latitude) et même au delà, on trouve, abondamment répartis dans tout le pays, des dômes isolés, analogues comme aspect à ceux déjà signalés » (p. 308). Hubert rapporte provisoirement au Silurien un important massif de quartzites que, à travers le Togo, on peut suivre, sur 800 kilomètres, depuis Akkra (Gold Coast) jusqu’au Niger, où leur présence a conditionné la formation d’un double coude, le W, en aval de Say. Il me semble cependant difficile d’admettre la nomenclature de Hubert : la dépendance étroite de ces quartzites de l’Atacora, très métamorphisées et riches en minéraux de fumerolles, et des schistes cristallins en concordance avec eux, est signalée à plusieurs reprises : en l’absence de fossiles, rien ne justifie donc, au point de vue stratigraphique, la séparation de ces deux roches ; la réunion du granite et du gneiss fondamental, dont l’origine est douteuse, avec les gneiss et les micaschistes certainement sédimentaires est bien contestable. Malgré ces divergences dans la nomenclature, il est aisé de reconnaître les grandes analogies que présentent les terrains cristallins du Dahomey avec ceux du Sahara. On trouvera dans Hubert d’assez nombreux détails sur les régions voisines de celle qu’il a étudiée, et sur la bibliographie.
Fig. 8. — Coupe schématique N.-S. vers 16° 30′ de Long. E., de Fort de Possel à Boli.
(Par Courtet.)
Fig. 9. — Les Grès du Gourma à Tambarga.
(D’après Hubert, Thèse, Pl. VIII, p. 160.)
Au sud du Tchad, Courtet[12] mentionne dans le pays de N’dellé notamment, de rares micaschistes et des quartzites abondantes, en couches verticales ; ces quartzites contiennent souvent du disthène qui leur donne une coloration bleue ; un peu plus au nord, les affleurements granitiques sont fréquents. De la région de Fort Crampel, déjà vue par la mission Chevalier, Bruel[13] a rapporté avec des granites, des gneiss, des micaschistes et des quartzites. La coupe inédite ci-jointe ([fig. 8]) que je dois à l’obligeance de Courtet, donnera une idée de la constitution géologique des terrains qui s’étendent de l’Oubangui à l’Ouadai ainsi que du peu d’importance des reliefs. — Barrat [Sur la Géologie du Congo Français, Annales des Mines, VII, 1895] et Cornet [Les dislocations du bassin du Congo, Annales de la Soc. Géol. de Belgique, XXXII, 1904-1905] ont montré la grande extension de ces formations anciennes, vers le Sud.