Taoudenni est en bordure septentrionale d’une immense sebkha limitée au nord par un dos d’âne rocheux sans gros relief[191], la hammada El Haricha ([fig. 6,] p. 11). Ce dos d’âne s’étend sur 300 kilomètres environ du sud-est au nord-ouest. Agorgott, centre d’exploitation des salines, est sur la sebkha au débouché d’un oued descendu du djebel El Haricha, l’oued Agorgott.
Les mines de sel se trouvent à environ 4 kilomètres au sud-ouest du ksar de Taoudenni. La majorité des nègres et haratins qui travaillent à l’exploitation se sont construit en ce point des gourbis en barres de sel dont l’ensemble est appellé aussi Agorgott.
La mine n’a pas de propriétaire. L’individu qui désire exploiter fait délimiter les surfaces à creuser, suivant le nombre de bras qui constituent ses ateliers (ces derniers se composent de trois à dix travailleurs). Les fouilles [cf. t. I, [pl. XI]] sont menées par couches sur toute la surface délimitée ; il y avait, en 1906, 100 à 150 fosses en exploitation. On rencontre de haut en bas :
1o Argile rouge (trab el hamra). La puissance de cette couche est d’environ 2 mètres ; travail facile dans de l’argile humide.
2o Argile verte (harma larma). Également humide, contient de petits cristaux de sel ; environ 30 centimètres d’épaisseur.
3o Argile verte (afarai el ouara) dure à creuser, environ 15 centimètres.
4o Sel mélangé à la terre (el ouara el foukania), contient de nombreuses impuretés, très difficile à entamer, épaisseur variant de 10 à 60 centimètres. Ce sel n’est pas exploité. On trouve, noyés au milieu de cette masse, des nodules de cristaux de sel (ainin el melah) d’une pureté et d’une limpidité remarquables. Ces nodules ont, pour la plupart, la grosseur d’un œuf de poule et au-dessus.
5o Argile verte (afarai zekkou), environ 15 centimètres d’épaisseur.
6o Argile verte (afarai el hammamia), environ 15 centimètres d’épaisseur.
7o Sel qui s’exploite (el hammamia) ; il était autrefois emporté en morceaux cassés à la pioche ; se débite actuellement, comme les suivants, en barres.