A l’extrémité septentrionale de la Tifedest, avec des contours plus flous et séparé de la chaîne principale par un col qu’utilise une piste, se dresse le massif d’Oudan[32] presque impraticable. Il se termine par un plateau célèbre au Sahara :

« A la pointe nord de l’Oudan, se dresse la célèbre Garet el Djenoun, royaume des génies, interdit aux humains. Il est certain que la table plate du sommet, d’un relief voisin de 1300 mètres et bordée de tous côtés par des parois à pic, n’est pas accessible avec les moyens dont on dispose au Sahara... L’Oudan ne paraît pas être un ancien volcan, ainsi que l’avaient fait supposer à Duveyrier des renseignements indigènes. » Cette description, due à Voinot, semble cependant indiquer un plateau basaltique, analogue à l’Adjellela.

La Tifedest se continue sur la rive gauche de l’Igharghar, jusqu’à hauteur du Mouidir, par une série de massifs isolés dont le plus important est l’Edjelé, qui se dresse à une altitude notable au milieu du reg.

Fig. 18. — L’Adr’ar’ Arigan, dyke éruptif dans les contreforts méridionaux de l’Ahaggar.

Du point d’eau de l’oued Zazir.

Sur la rive droite de l’Igharghar, au nord de la Tifedest, l’Edjéré (ou Eguéré) arrive au voisinage du tassili des Azdjer ; c’est un massif de grande étendue qui, de loin, figure vaguement un cône très aplati. Son point culminant, le Toufriq, atteint 1560 mètres. Sa structure est analogue à celle de la Coudia ; comme elle, l’Edjéré est un plateau surmonté de formations volcaniques ; les cratères ébréchés y sont nombreux, et les bombes volcaniques y abondent.

Les vallées étroites de ce massif sont, certaines années, couvertes de beaux pâturages, où se réunissent parfois les Azdjer et les Ahaggar ; les points d’eau y sont assez espacés, mais de fort débit et peu profonds ; les puits ne dépassent pas 4 mètres.

Ce massif se prolonge vers le sud par la petite chaîne de Torha qui n’est séparée de la Tifedest que par la vallée de l’Ighargar ; vers l’est, le massif de Torha se termine brusquement au-dessus de la haute plaine d’Amadr’or.

L’Anahef est un plateau très semblable à la Coudia, qu’il prolonge vers l’est ; comme elle, il est surmonté de gours, derniers témoins d’un étage disparu et d’aiguilles granitiques dont la plus remarquable semble être le Tihi n’Kalan. L’Anahef, que traversent quelques pistes allant de l’Ahaggar à R’at, paraît d’un accès peu facile ; les points d’eau, situés au pied de la montagne, sont peu nombreux ; Voinot en mentionne seulement quatre, sur le versant Atlantique.