Fig. 19. — Ahaggar. Le volcan démantelé de l’Haggar’en avec son point culminant, le Tin Hamor. — Le plateau basaltique (rhyolithe œgyrinique) d’Hadrian, entaillé par la brèche d’Élias. — De Tamanr’asset.

Quoiqu’il en soit des accroissements possibles, les bénéfices actuels paraissent suffire aux jardiniers, qui y ajoutent la récolte de quelques plantes sauvages. La plupart semblent satisfaits de leur sort ; fort peu ont demandé, depuis l’occupation française, à retourner au Tidikelt. On ne voit pas d’ailleurs chez eux ces poitrines décharnées, ces exemples de maigreur excessive et de profonde misère physiologique, qui sont si fréquents au Touat et au Gourara.

L’industrie de l’Ahaggar est encore plus misérable que la culture ; partout on travaille le bois pour faire des écuelles et quelques ustensiles aussi simples ; le bois de tamarix, peu dur, paraît le plus employé ; la confection des nattes et des paniers en tiges de graminées ou en feuilles de palmier, la préparation du cuir sont familières à tous, sédentaires ou nomades. On fait un peu de poterie à Abalessa. Des forgerons vivent au milieu des principaux groupements touaregs ; ils forment une caste à part ; ce sont des noirs qui ne comptent dans aucun tribu ; ils se marient entre eux et dédaignent les esclaves et les haratins. Ces forgerons ne font guère que de menues réparations et, parfois, un peu de bijouterie.

Les objets un peu compliqués (selles de méhari, sabres, lances) viennent du Soudan par l’intermédiaire de l’Aïr ; les instruments de culture dont se servent les haratins sont achetés aux oasis.

Les Nomades. — Les maîtres du pays, les Touaregs, sont exclusivement des éleveurs ; leur nombre est peu considérable.

Les Kel Ahaggar se partagent en trois groupes, placés chacun sous l’autorité d’une tribu noble, dont le chef a pour insigne de commandement un tambour, un « tobol » qui sert, en théorie du moins, à donner le signal d’alarme.

La tribu des Taïtok habite l’Ahnet et a été étudiée par Gautier [V. t. I, [ p. 330]] ; des descendants de Tin Hinan, l’ancêtre marocaine ; des Kel Ahaggar, il ne reste dans l’Ahaggar que les Kel R’ela et les Tedjéhé Mellet. Les indications de Benhazera permettent d’établir les statistiques suivantes :

Tobol des Kel R’ela.

TENTES GUERRIERS CHAMEAUX MOUTONS ET CHÈVRES BŒUFS[36]
Kel R’ela55 à 60501000-1200250030
Dag R’ali40-506010002000
Adjouh n’Taheli40-50608001800
Aït Loaïn25504001200
R’elaïddine25304001500
Kel In R’ar30508001500
Kel Amdjid20302501000
Kel Tifedest1520200600
Kel Tazoulet35506001500
Yheaouen Hadn2030400600
33543050501420030

Quelques tribus, appartenant au même tobol, nomadisent dans le Mouidir ; ce sont les suivantes :