Cliché Pasquier
9. — ADR’AR’ DES IFOR’AS.
Un col au sud de Timiaouin.
Cliché Laperrine
10. — UN OUED DE L’ADR’AR’ DES IFOR’AS.
Hydrographie. — De cette structure hétérogène de l’Adr’ar’ résultent pour les oueds deux aspects très différents : dans la montagne, les oueds sont encaissés et serpentent parfois dans de véritables gorges ; la pente est d’ordinaire assez forte et les crues violentes. Le lit est tapissé de gravier, souvent coupé de roches, et la végétation arborescente seule à pu s’y développer. Dans ces vallées étroites, il y a quelques aguelmans et parfois des puits permanents profonds d’une dizaine de mètres au plus. Combemorel a donné [l. c.] des détails précis sur ces oueds encaissés.
Sur le plateau, au contraire, les oueds ont une tout autre allure ; Gautier a vu l’oued Etambar couler le 23 juillet 1905 et l’a traversé pendant la crue ; le lit, avec des ramifications très compliquées, avait plusieurs kilomètres d’un bord à l’autre, et il a fallu, à la petite caravane, patauger pendant plus d’une heure dans une étendue indéfinie d’eau sans profondeur ; l’énorme masse liquide était animée d’un mouvement de translation insensible : c’était une pellicule d’eau n’ayant nulle part les allures vives d’une rivière. Deux jours après, l’oued Etambar était à sec.
Cet état de l’oued, pendant la crue, aide à comprendre l’aspect de l’oued à sec, dans son état normal.
L’oued normal est une plaine alluviale plantée d’une savane, et il n’est que cela. Dans cette plaine, il existe en certains points des ravinements nettement circonscrits, sans continuité ; ce sont les traces de remous ou de tourbillons locaux le plus souvent en relation avec quelque saillie granitique. Nulle part l’oued n’est encadré entre des berges, il n’a même pas de rives ; ses limites sont tout à fait incertaines et on se trouve l’avoir quitté sans s’en apercevoir.