Remarquer l’outre à manche et la double corde.
Cliché Posth
18. — LES “ DOUM ” (CUCIFERA THEBAÏCA DEL.) DANS UN KORI D’AÏR.
De Tenekart à Assaouas tous les puits mentionnés se trouvent sur la route de Gao à Agadez, route qui a été suivie par d’importantes caravanes au temps de la splendeur de l’empire Sonr’aï.
Pratiquement la masse principale des eaux s’arrête beaucoup plus près de l’Aïr. Presque toutes les rivières qui prennent naissance dans la partie méridionale du massif montagneux, dans les Taraouadji notamment, se dirigent vers le sud et aboutissent à une région déprimée, allongée de l’est à l’ouest, comprise entre le rebord du plateau d’Aoudéras et la falaise de Tigueddi ; le long du cours du kori d’Abrik qui recueille les eaux de cette dépression, se trouvent plusieurs mares d’hivernage importantes, et des pâturages permanents, assez fréquentés ; le kori d’Abrik vient rejoindre, à Assaouas, l’Ir’azar d’Agadez.
Mais la grande majorité des rivières de l’Aïr le traversent de l’est à l’ouest et vont rejoindre l’Ir’azar d’Iférouane qui, à deux jours de marche des montagnes, s’épand en une vaste plaine, la plaine de Talak[47], très riche en eau et en pâturages ; d’après les derniers renseignements que j’ai pu avoir sur ces régions, le Taffassasset viendrait lui aussi passer dans cette région du Talak.
Cette plaine de Talak serait un vaste cirque entouré de hauteurs, surtout vers l’est ; l’eau de source y est abondante et excellente. Les pâturages y sont beaux ; on parle même d’une forêt vierge, impénétrable par place. En tous cas, cette région de Talak semble jouer un rôle très important dans la vie des nomades de l’Aïr ; les villages de la partie montagneuse, simples entrepôts commerciaux, ne vivent que de produits achetés au dehors ; dans l’Aïr même, les vallées se dessèchent parfois et les troupeaux ne trouvent pas toujours à y paître ; dans la plaine de Talak, au contraire, l’élevage est toujours possible ; les tentes y sont souvent rassemblées.
Ces deux dépressions recueillent, en somme, presque toutes les eaux des montagnes de l’Aïr, qu’elles limitent très nettement à l’ouest et au sud ; ce sont parfois, à la saison des pluies, de véritables fleuves qui coulent pendant quelques heures. Ces fleuves se réunissent ou plutôt se réunissaient autrefois, lorsqu’il pleuvait au Sahara, vers l’ouest, au delà des Teguidda, à Tamat Tédret et contribuaient tous deux à former l’Azaouak.
Les villages. — Comme l’Ahaggar et l’Adr’ar’ des Ifor’as, l’Aïr est habité par des nomades et par des sédentaires.