Ceci n’est guère d’accord avec les indications de Barth, qui place en 1420 la fondation d’Assodé.
Assodé est aujourd’hui en pleine décadence ; l’anastafidet y a toujours sa demeure officielle, mais il y vient à peine passer quelques jours par an et réside habituellement dans le Damergou.
Il n’y a pas de cultures à Assodé.
Aguellal mérite à peine d’être cité ; il n’y a que quelques cases et huttes, des greniers à mil, et une mosquée sans apparence ; les jardins font défaut. Aguellal est cependant le centre religieux le plus important de l’Asbin ; le marabout, El Hadj Sliman, y aurait une centaine d’élèves ; sa bibliothèque, la plus riche du pays, est évaluée à un millier de volumes. Il appartient à la confrérie des Quâdria, la seule importante en Aïr, où les Senoussistes ont peu d’influence.
Iférouane, plus connu dans le pays sous le nom d’Ir’azar, est, à qui vient du nord, le premier village du Soudan ; il y existe quelques cases carrées en terre, mais les paillottes rondes à toit conique y dominent déjà ; elles existent seules dans quelques hameaux de bergers, voisins d’Iférouane, dont ils ne sont que les faubourgs. Chaque case, qu’elle soit de terre ou de paille, est habituellement accompagnée de constructions auxiliaires dont la plus fréquente est une sorte de vérandah, simple toit posé sur quatre pieux à deux mètres du sol et que l’on retrouve dans tout le Soudan. Toutes les constructions qui appartiennent à un même chef de familles ont encloses d’une palissade commune formée le plus souvent de branches de korunka. Tout cela est bien nègre.
Les cultures d’Iférouane ont un développement moyen ; une maigre palmeraie (4250 palmiers) s’y meurt (Pl. XI, [phot. 21]). Les céréales, le mil, le blé, un peu d’orge et de maïs, n’y donnent de récolte que les années humides. Seuls, quelques légumes (tomates, oignons, concombres, pastèques et menthe, etc.) y sont d’un produit assuré. Les puits ont une dizaine de mètres de profondeur et l’eau en est tirée dans des outres à manche, auxquelles sont attelés des zébus.
Iférouane est surtout un marché, quelque chose comme un centre d’affaires ; les notables y ont seulement un pied à terre ; ils n’y viennent qu’en passant, pour assurer le trafic ; leur vraie résidence est le village de Tintar’odé qui est situé dans la montagne, à une quinzaine de kilomètres au sud-est, et où sont déposées leurs réserves. La population stable serait d’une centaine d’habitants.
Fig. 24. — L’Adr’ar’ Timgué, vu d’Iférouane.
Il existe dans le sud de l’Aïr, dans le Baghazam, des villages peu importants comme nombre de cases[49] (Elnoulli, Akari, Tassassat) où se fait un peu de culture maraîchère. Mais la raison d’être de ces villages est différente ; situés en dehors des routes commerciales, en des points d’accès difficile, ils servent, en cas d’attaque, de dernier refuge : la légende raconte que les Kel Aïr y résistèrent, pendant trois ans, à un puissant sultan du Bornou, qui dut finalement lever le siège, et regagna à grand’peine ses États. Bien à l’abri des rezzou, ils servent surtout d’entrepôts, et l’on y trouve toujours des provisions considérables de mil, de dattes et de sel.