Cliché Posth
22. — LA MOSQUÉE D’AGADEZ.
Le minaret a une vingtaine de mètres.
Histoire. — L’Aïr est beaucoup plus peuplé que l’Ahaggar et l’Adr’ar’ des Ifor’as ; sa population est aussi moins homogène, et l’organisation politique y est très compliquée. Quelques renseignements historiques (?) sont nécessaires pour l’éclaircir un peu.
Quelques tribus nomades, Kel Fédé, Kel Gress, Kel Ferouan, Kel R’arous, Hoggar, etc., sont blanches et appartiennent aux races méditerranéennes ; mais la plupart des Touaregs de l’Aïr sont des noirs ou des mûlatres, apparentés de près aux Haoussas qui auraient été les premiers habitants du pays.
La langue haoussa est très répandue dans tout l’Aïr ; elle est comprise généralement de tous et paraît employée dans les villages de préférence au tamachek. On la retrouve dans les noms propres où « dan », fils, en haoussa, tient la place du « ben » des Arabes ou du « ag » des Berbères : Yato dan Kasseri est le nom d’un des principaux chefs du pays, l’anastafidet.
Agadez et In Gall ont été des colonies de Gao au temps de sa splendeur et la langue sonr’ai y est encore parlée ou tout au moins comprise (Lt Jean). Quant aux conquêtes bornouannes, dont la légende a conservé le souvenir, elles paraissent avoir été sans influence sur le pays.
Avant notre installation, toute récente[51], dans l’Aïr, le sultan d’Agadez, le serki n’Asbin des Haoussas, commandait, théoriquement au moins, aux Kel Gress et aux Kel Oui ainsi qu’à une fraction des Oulimminden.
Le lieutenant Jean a recueilli, avec grand soin, les traditions historiques des Asbinaoua ; les Kel Gress et les Kel Oui auraient quitté, vers le VIIIe siècle, le Fezzan devenu trop peuplé (?) ; ils se seraient installés dans l’Aïr, les premiers à l’ouest, les seconds à l’est de la route d’Iférouane à Agadez. Les Kel Gress restèrent peu de temps au contact des Kel Oui ; ils continuèrent leur migration vers le sud et s’étendirent jusqu’au Sokoto, où ils seraient arrivés à la fin du XVIIIe siècle.