Dallol Maouri, en aval de Matankari.

Foureau a coupé deux fois cette falaise, à Irhayenne et à Tigueddi ; les détails qu’il donne indiquent que partout la coupe est la même ; il a noté aussi de nombreux débris de bois silicifié[54]. Il y a toutefois à noter à Tigueddi, comme à Irhayenne, l’existence d’un calcaire travertineux dont les conditions de gisements, lorsqu’elles seront mieux connues, permettront peut-être de décider si la falaise de Tigueddi est due à une faille ou à l’érosion [Foureau, Doc. Sc., p. 647-649].

Fig. 26. — Coupe de la falaise de Tigueddi à Marandet.

1, Argiles violettes et vertes visibles sur 10m ; 2, Marnes blanches (0m25) ; 3, Argiles violettes et vertes (10m), Reptiles ; 4, Marnes violettes (0,25), Bois silicifiés ; 5, Grès blancs à stratification oblique (5m) ; 6, Grès jaunes à stratification oblique (3m) ; q, Quaternaire ; 7, Graviers blancs visibles sur 0m20 ; 8, Graviers et argiles rouges (1m), Sépultures musulmanes ; 9, Argiles et Graviers avec débris de charbon (1m), entraînés de A, par ruissellement ; A, Plaine de l’Azaouak (Grès et Argiles) ; C, Vallée quaternaire ; B, Tilmas et puits de Marandet.

Cette falaise délimite au nord, avec beaucoup de précision, la haute plaine du Tegama (Pl. XII, [phot. 23]). Ce sont les grès, visibles au sommet de la falaise, qui en forment le sol ; leur épaisseur s’accroît vers le sud, autant du moins que l’on en peut juger par l’examen des puits : le puits de Tiou Mousgou a 33 mètres de profondeur ; les deux premiers mètres sont creusés dans des alluvions que soutient un coffrage en bois ; les 10 mètres suivants traversent des grès de couleur claire, à grain moyen, avec quelques intercalations de lits de graviers ; malgré la largeur du puits, je n’ai pas pu voir plus profondément, mais les déblais ne montrent non plus que des grès ; l’eau de Tiou Mousgou est restée très limpide pendant toute la corvée d’abreuvoir, ce qui ne s’expliquerait pas s’il y avait des argiles au fond du puits. Un peu plus à l’est, Foureau a vu le puits de Tédalaka (37 m.) et les détails qu’il donne [Doc. sc., p. 650], indiquent la même structure géologique.

A 3 kilomètres au nord de la mare de Tarka, qui est dans un creux marqué, quelques ravins, profonds de 3 à 4 mètres, sont creusés dans des grès tendres, blancs ou noirs avec quelques veinules d’argile. Au-dessus des grès se montrent quelques blocs de latérite, la plupart roulés, et qu’il faut rattacher, je pense, au Crétacé supérieur du Damergou.

Partout, en somme, où on peut voir les terrains qui constituent le Tegama, on retrouve toujours ces mêmes grès tendres horizontaux. La surface de la haute plaine est bien horizontale aussi ; il y a quelques ondulations à grands rayons, mais le modelé du sol indique constamment un terrain perméable ; le sol partout est formé de grès tendres, qui dans les sentiers s’est effrité et transformé en sable.

Les quelques rares mamelons, hauts de 5 à 6 mètres, qui émergent de la surface, surtout dans la partie méridionale du Tegama, sont bien probablement des dunes fossiles, fixées par la végétation.

Il paraît légitime de conclure que dans son ensemble le Tegama a, en tous ses points, la même structure géologique et qu’il est formé partout de grès horizontaux qui prolongent, vers le sud, ceux que l’on observe à la falaise de Tigueddi.