Au sud du Damergou on retrouve la même plaine jusqu’au voisinage d’Ouamè ; les matériaux de déblais des puits sont, à Achaoudden tout au moins, des grès tendres de couleur claire.
Reste à fixer l’âge des grès du Tegama ; nous avons une limite supérieure bien nette : dans le Damergou ils sont recouverts, en concordance, par des assises fossilifères qui appartiennent au Turonien, probablement même au Turonien inférieur.
Leur sommet, tout au moins, est donc du Crétacé et bien que rien ne s’oppose d’une manière absolue à ce que, en quelques points, ces assises aient commencé à se déposer au Trias ou au Jurassique, leur puissance assez faible ne permet guère de croire qu’ils puissent représenter de bien longues périodes.
Il semble assez logique, et, en tout cas commode, de les rattacher au Crétacé inférieur.
Ces puits profonds, si fréquents dans le Tegama, sont extrêmement remarquables : la tradition les attribue à une race éteinte ou tout au moins émigrée, les Goberaoua[55] ; ils n’ont, en tous cas, pu être creusés qu’à une époque de grande tranquillité et par des sédentaires.
Les indigènes ne connaissent que les outils en fer, de qualité médiocre, car l’acier manque au Soudan, comme au Sahara ; ils ne peuvent creuser des puits que dans des roches assez tendres ; il faut de plus que ces roches aient un peu de tenue et ne soient pas ébouleuses.
La réunion de ces différents caractères porte à croire que la plupart des puits profonds que l’on connaît au nord du Soudan, ont été creusés dans des terrains très analogues entre eux comme constitution lithologique. Cette remarque nous permettra de suivre assez loin ces grès vraisemblablement infracrétacés.
D’Alar’sess au voisinage de Zinder, sur plus de 300 kilomètres, cette formation est facile à observer ; elle est à peine masquée pendant une vingtaine de kilomètres par le Turonien du Damergou.
Vers l’est, on la suit facilement jusqu’à l’Alakhos et au Koutous.
Les puits ordinairement très profonds de ces deux pays sont creusés dans un terrain identique à celui du Tegama : le puits de Guesket a 65 mètres ; les déblais forment, autour de son orifice, un talus haut de près de 5 mètres : ces déblais sont presque uniquement des grès ; il y a cependant un peu d’argile. Le talus seul est soutenu par un coffrage de bois.