Fig. 43. — Mamelons de microgranites alcalins du Mounio, partiellement ensablés.
Du poste de Gouré. — Horizon ouest.
Koutous. — Le Koutous est essentiellement un plateau gréseux dont les dimensions n’excèdent pas une cinquantaine de kilomètres ; son altitude s’abaisse progressivement de l’ouest vers l’est. Auprès de Guesket, la cote du plateau est voisine de 650 ; elle n’est plus que de 500 mètres à Guirbo ; plus à l’est, le Koutous disparaît sous l’erg. Quelques vallées pour la plupart ensablées, presque des cañons, entaillent profondément le plateau et en font une chebka ; vers l’ouest leur sol se raccorde avec celui de la haute plaine voisine et contiguë du Tegama. Les flancs de ces vallées sont toujours envahis par le sable qui, vers l’ouest, à Guesket, masque à peine le pied de la falaise ; à mesure que l’on s’avance vers l’est, on voit le sable arriver à mi-hauteur, comme à Kellé, et enfin au sommet du plateau comme à Guirbo ; la distance verticale entre le sommet de la falaise et l’orifice des puits met bien ce fait en évidence : cette distance est de 120 mètres à Guesket, de 60 à Laraba et de 20 seulement à Guirbo ([Planche de coupes] hors texte, coupe VI).
Les puits, creusés dans les grès du Tegama, sont très profonds surtout vers l’ouest. Sur une carte manuscrite que j’ai pu consulter à Gouré, le lieutenant Paquette donne les chiffres suivants :
| Bilakora | 70 | mètres | Laraba | 58 | mètres. |
| Boultoum | 20 | — | Magadji | 46 | — |
| Dallacori | 54 | — | Malammi | 80 | — |
| Guesket | 65 | — | Marthium | 40 | — |
| Guirbo | 28 | — | Mondoa | 18 | — |
| Kaokilloum | 24 | — | Tiokodda | 60 | — |
| Kellé | 18 | — |
J’ai pu vérifier l’exactitude de quelques-uns de ces nombres[92].
Ces puits ont un diamètre de deux à trois mètres ; tous les matériaux de déblais sont accumulés autour de l’orifice qui se trouve ainsi au milieu d’un monticule haut de quelques mètres ; l’eau en est protégée contre les impuretés ; un coffrage de bois, formé de pieux enfoncés radialement, protège les parties ébouleuses du puits. Pour tirer l’eau, on se sert d’un seau de cuir contenant une quarantaine de litres au moins ; la corde de traction tirée par un bœuf est le plus souvent en cuir et passe sur un tronc d’arbre à peine dégrossi que deux fourches soutiennent à un mètre du sol et qui tient lieu de poulie ; le seau, sorti du puits, est descendu à bras d’homme au pied du monticule de déblais et l’eau est versée dans des auges de bois. L’outre à manche qui se vide toute seule et les canalisations semblent inconnues dans le Koutous.
Fig. 44. — Les plateaux du Koutous. Du village de Kellé.