C’est un petit théâtre de quartier. Pas même : un petit théâtre de faubourg. J’entre. Un arbitre en veston annonce que le café du coin réserve une prime de vingt-cinq francs au vainqueur, — et le vainqueur, prétend mon voisin, sera le nègre.

— Quel nègre ?

— Vous savez bien, le fameux… suit un nom, mais je n’entends que la dernière syllabe : Zo.

Je demande : Il est très fort ce nègre ?

Mon ignorance doit être risible.

— S’il est fort ? Je crois bien. Il encaisse sans broncher. Voilà un homme.

— Et son adversaire ?

— Un brave petit bougre qui a du cran. Tenez, c’est lui qui arrive.

Je vois un bonhomme tout blond, tout rose, sous une veste militaire d’où jaillissent un cou lourd, des doigts trop gros, et pour qu’on oublie le cou et les doigts, des jambes.