J’entends les cloches de ce troupeau.

Moi qui lui avais donné un rendez-vous de sensualité. Je ramasse ma chemise. Je couvre une peau dont j’ai honte, dont j’ai raison d’avoir honte car la sensualité, la vraie sensualité ne ferait pas tant de façons.

Je ne suis pas un sensuel.

Un sentimental ? Pourquoi pas ?

Mais si j’étais un sentimental, je ne me poserais point toutes ces questions, et n’aurais point à me mettre en quête de quelque objet d’amour.

Je ne suis donc ni un sensuel ni un sentimental et pourtant je me sais à la fois sensuel et sentimental. Quelle accumulation d’ailleurs ne serais-je à même de supporter. Il faut tant d’adjectifs pour me qualifier que je puis me vanter — ou m’accuser — de n’appartenir à aucune catégorie mais à toutes.

D’une minute à l’autre je ne me reconnais plus.

Je ne me reconnais plus dans mon corps.

Ainsi, lorsque, pour le plus précis des gestes, s’est exalté ce qui de ma chair ne demande qu’à s’exalter, au moment de l’échéance voluptueuse, ces quelques centimètres cubes, où se sont multipliées mes faims éparses, parfois semblent ne même point être de ce corps auquel pourtant ils servent de truchement.

Était-ce que le désir se trouvait par trop localisé pour ne contraster point avec certaine indifférence au fond ?