Mon Dieu…

— Mais quel rictus déjà creuse cette bouche. Si je retrouve ou crois retrouver Dieu, est-ce pour la seule joie de me vouloir Lucifer. Encore les attitudes. La paix mon intelligence ! Silence littérature. Je ne suis pas un esprit fort. Je ne suis pas un bel esprit. Il faut recommencer :

PRIÈRE

Mon Dieu…

Hélas ! il faut encore me taire, car si je veux parler de Dieu, si j’ai un tel besoin de le prier, c’est qu’un goût du blasphème déjà me tente et cherche à me faire supérieur à la notion même que mon effroi, certains jours de trop grande misère humaine, fut bien contraint d’avoir de Dieu.

Si mon intelligence grande et claire dispose des tempêtes essentielles, c’est pour, sortie du péril, se mieux recomposer et jouir de sa grandeur, de sa clarté.

Si d’autre part je renonce à toute intelligence, c’est que, m’expliquant par quelque instinct confus ou quelque élan vital, je flatterai mon corps, mon tempérament, leur prêtant des ressources qu’ils n’ont certes point.

Alors ?

Si je suis victorieux de moi, ou si j’ai durant quelques minutes l’impression de l’être, ma victoire est une simple victoire à la Pyrrhus.

La bataille achevée, la comédie finie, je suis seul, les mains vides, le cœur vide.