« Fameux, le picton! répète-t-il de-ci, de-là, avec un claquement de langue, en s'essuyant la moustache du revers des doigts. Je m'y abonnerais! »
Cependant, de troubles et tristes lueurs tachent les stores baissés.
« A la revoyure! marmonne le cocher qui s'est levé alourdi et s'en va. N'égare pas mon numéro, s'vous plaît!
— Oui, oui! » balbutie Higgins qui s'endort.
La farce semble terminée, mais des jurons tonitruent soudain, des sanglots montent, rauques, aigus, dans le silence de l'aube. Sam se précipite, rouvre la porte, manque de rouler sur Benjamin qui s'est effondré au bord du trottoir, qui vocifère dans l'avenue déserte, comme élargie :
« Ma pauvre Cocotte! Ma pauvre Cocotte!… J'suis bon… Ah! les vaches!… Ils m'ont tout volé… La voiture et Cocotte! »
« Tonneau, tonneau » s'agenouille à côté du désespéré, s'évertue à l'apaiser, à le consoler. De guerre lasse, il s'écrie :
« Ne pleure plus, old fellow, tu me fends le cœur… Écoute… Je te donne un de mes trotteurs et mon coupé… Le temps de téléphoner aux écuries et de faire atteler… Et ça y est! »
A ce moment, des sergents de ville traversèrent la chaussée et leur apprirent que le fiacre en abandon avait été conduit en fourrière.
Sans quoi…