A l’époque préhistorique, le Cheval vivait en France et en Belgique à l’état sauvage, l’homme le considérait comme un gibier et se nourrissait de sa chair. Plus tard, il fut domestiqué par nos ancêtres, non seulement en France, mais dans toute l’Europe et en Asie.

Il semble probable qu’à cette époque il y avait plusieurs espèces de chevaux, qui toutes cessèrent peu à peu d’exister à l’état libre, et asservies par l’homme donnèrent naissance aux ancêtres de nos races actuelles, mais avec des modifications résultant de croisements multipliés. Dans la suite, les peuples de l’Europe orientale et de l’Asie qui firent des invasions dans l’Europe centrale et occidentale amenèrent avec eux les chevaux de leurs pays, et de nouveaux croisements eurent lieu.

D’autre part, les hommes ont employé leurs chevaux à divers usages et ont à peu près créé des animaux aussi lourds et forts que possible pour traîner des chariots, ou vites et légers pour servir de montures; ils ont, au moyen de la sélection, façonné les bêtes dont ils avaient besoin, choisissant les reproducteurs, variant la nourriture, habituant à tels ou tels travaux leurs animaux, les transportant sous des climats différents. C’est ainsi qu’au moyen âge les chevaliers ont pu se servir du destrier, c’est-à-dire le cheval capable de supporter le poids énorme d’un chevalier bardé de fer. C’est ainsi qu’à notre époque, nous voyons autour de nous les lourds et puissants percherons ou boulonnais, les carrossiers élégants, le cheval de chasse, le cheval de course.

La température elle-même et les latitudes variées ont aidé à modifier les races; dans les pays secs, même très froids, le cheval a prospéré; dans les contrées humides il a dégénéré, et on sait que, dans certaines îles et dans les montagnes, il est devenu plus petit et a changé ses formes.

Il existe aujourd’hui beaucoup de variétés ou races nettement établies, différant entre elles par la taille, les proportions du corps, la tête, la forme des oreilles et de la crinière, du garrot et de la croupe. D’une part, on se demande quels changements on pourra désirer dans l’avenir, si on fera des chevaux plus petits que tels ou tels poneys ou plus grands que nos puissants boulonnais, si on pourra augmenter la vitesse du cheval de course qui semble avoir atteint son maximum; d’autre part, si les croisements de plus en plus multipliés au profit d’une race préférée ne feront pas disparaître d’autres races plus négligées, si par exemple le mélange de sang anglais toujours répété n’amènera pas la disparition d’anciennes formes, comme la limousine et autres.

Le Cheval sauvage n’existe plus, à proprement parler, que dans les steppes de l’Asie centrale, car en Amérique et ailleurs, les chevaux libres ne sont que chevaux échappés de la main de l’homme et ayant repris la vie sauvage depuis une époque relativement récente.

Ane domestique. Equus asinus Linné.

L’Ane est originaire d’Afrique et descend, selon toute probabilité, de l’Asinus tœniopus de l’Afrique orientale. De temps immémorial, il a existé en Égypte, en Abyssinie, en Arabie et en Syrie, et, de ce pays, il a été introduit en Europe.

Si l’Ane a moins varié que le Cheval, bien qu’il y ait aujourd’hui d’assez nombreuses races caractérisées, cela tient à ce qu’on n’a guère cherché à l’améliorer, car c’est un animal destiné au service du pauvre.

Il diffère notablement du Cheval par plusieurs caractères très importants et on sait combien sa voix ressemble peu à celle du Cheval. Ils s’accouplent pourtant facilement l’un à l’autre. Le produit de l’étalon et de l’ânesse, le bardeau, est une bête intermédiaire, qui ressemble à certaines races de chevaux abâtardies, assez rare du reste, et dont on se sert peu. De l’accouplement de l’Ane de grande taille avec la jument naît le Mulet, animal qui joint à l’élégance du Cheval une certaine ressemblance avec l’Ane et qu’on emploie avec grand avantage en certaines contrées.