CASTOR ORDINAIRE
Un Castor moyen a le corps, sans la queue, long de 0m65, la queue mesurant 0m30, mais certains Castors adultes peuvent atteindre une longueur totale de 1m10. C’est un animal à corps gros et épais, avec les membres, surtout ceux de devant, courts, les yeux très petits, les oreilles courtes, la queue ovalaire, écailleuse, très large et très aplatie en forme de battoir, les pieds postérieurs palmés. Le pelage très dense, très doux, est d’un brun marron; le tiers supérieur de la queue seul est couvert de poils et d’un brun de suie. Près de l’anus, deux paires de glandes sécrètent la matière dite «castoreum».
Le Castor ou Bièvre d’Europe, très analogue à celui d’Amérique, habitait autrefois presque toute la France. Avant le moyen âge, on le trouvait aux environs de Paris et c’est de lui que vient à une petite rivière le nom de Bièvre. Pendant le moyen âge on le trouvait aux bords de la Saône, de l’Isère, de la Somme, de la Durance, du Rhône et du Gardon. Aujourd’hui il a été détruit presque partout et l’espèce n’est plus représentée en France que par quelques individus vivant péniblement sur le Rhône et quelques-uns de ses affluents; il est malheureusement certain que bientôt il aura complètement disparu. Autrefois, il construisait des digues dans les ruisseaux, mais à force d’être inquiété et pourchassé, il a perdu ses habitudes et il vit isolé ou en petites colonies sur quelques îlots du Rhône, dans de très longs terriers creusés sur les berges.
Sa nourriture consiste en racines de nénuphars et en jeunes pousses de saules, de peupliers, de bouleaux. On sait qu’il abat les arbres et on rencontre parfois des arbres coupés par lui, reconnaissables à l’empreinte de ses dents et à la forme de la cassure.
C’est une bête tout à fait nocturne, qui nage et plonge admirablement et ne quitte jamais le rivage des rivières.
Il s’accouple pendant l’hiver et la femelle met bas, dans son trou, en avril et mai, deux à cinq petits.
Sa peau est fort estimée, sa chair plutôt bonne était autrefois classée parmi les aliments maigres, et son produit un peu démodé, le «castoreum», se vendit à un prix élevé, puisqu’une livre à l’état brut valait, il y a quelques années, plus de 250 francs.
On a trouvé sur lui un coléoptère parasite particulier, le «Platypsillus Castoris», le même parasite existant sur le Castor d’Amérique, et aussi un acarien pilicole spécial «Schizocarpus Mingaudi».
Pendant longtemps, le Syndicat des digues du Rhône, sous prétexte de prétendus dégâts compromettant la solidité des digues, payait pour chaque animal abattu une prime de 15 francs, mais, mieux informé, il a supprimé cette prime; et aujourd’hui on tend à protéger le Castor plutôt qu’à le détruire.
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