Loutre vulgaire
Lutra vulgaris
Famille des Mustelidés
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LOUTRE VULGAIRE
La Loutre a la tête large, le museau très large et assez court, les yeux petits, les oreilles très petites et arrondies, les pieds palmés, la queue très large à sa base, très robuste, longue et amincie peu à peu au bout. Sa marche est à peu près plantigrade. Le pelage fourré est brun, sauf la poitrine et le ventre qui sont brun-grisâtre, la gorge, les joues et le museau qui sont plus ou moins gris; la taille est de 0m80 de longueur, la queue mesurant 0m40.
La Loutre habite l’Europe entière et une partie de l’Asie. C’est une bête qu’on ne voit guère et qui est pourtant assez commune sur beaucoup de rivières, de ruisseaux et d’étangs. Elle est, du reste, assez nomade et apparaît dans les localités où on ne la voyait pas auparavant.
Les Loutres de rivière se creusent dans les berges des terriers profonds à plusieurs ouvertures dont une au moins donne sous l’eau. Elles sortent peu dans le jour et se mettent en chasse à la nuit close; elles s’aventurent alors, en suivant le fil de l’eau, jusqu’au milieu des villes puisqu’on en trouve parfois dans les nasses à poisson où elles sont entrées et se sont noyées.
Celles qui habitent de vastes marais sauvages n’ont pas de trou. Elles chassent surtout la nuit et font, durant la journée, la sieste, couchées sur une motte herbue où le chasseur peut les surprendre par un temps chaud. Quelques-unes se cachent, le jour, dans les bois épais à proximité d’un étang et aussitôt dérangées filent avec rapidité directement vers l’eau. Il existe en France quelques équipages de chiens courants spéciaux qui la lèvent et la suivent sur les petites rivières; c’est une chasse difficile et intéressante qui ne peut avoir lieu que de loin en loin, parce que l’animal est assez rare et malaisé à rencontrer.
Elles nagent admirablement et peuvent demeurer sous l’eau au moins une minute. Leur nourriture consiste surtout en poisson, mais au besoin elles attaqueront les oiseaux et les lièvres. Elles détruisent une très grande quantité de gros poissons, aussi sont-elles considérées comme très nuisibles par les pêcheurs et propriétaires d’étangs.
La femelle porte neuf semaines, fait probablement deux portées par an de chacune deux ou trois petits et met bas en toutes les saisons, car on trouve, en décembre et janvier, sur la surface glacée des étangs, de gros nids d’herbes aquatiques dans lesquels reposent les petits nouvellement nés. Près du nid est un trou dans la glace par où plonge la mère.