Le Renard n’est pas franchement polygame, car le mâle et la femelle vivent ensemble et élèvent les petits en commun.
Pris jeune, il devient assez familier, mais il faut le surveiller, car il tue les poulets, dérobe les œufs et cache tout, même les choses qui ne se mangent pas. Il y a pourtant des exceptions: M. Rollinat possède actuellement plusieurs Renards apprivoisés. Tandis que ces Renards restent pillards, l’un d’eux entre très souvent dans le poulailler et, loin de pourchasser les volailles, semble vouloir les protéger, à tel point que, si quelqu’un prend un poulet qui, suivant l’habitude, pousse les hauts cris, ce renard gronde et mord le pantalon de l’intrus.
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PHOQUE MARBRÉ
Le Phoque marbré a la tête ronde, le corps lourd et épais, à membres courts, le pelage gris brun ou noirâtre parsemé de grandes maculatures fauves ou blanchâtres, souvent noirâtres au centre, le dessous du corps jaunâtre, avec une tache noirâtre autour des yeux, la queue très courte et pas d’oreilles. Un mâle adulte mesure environ 1m50 de longueur.
Cette espèce habite le nord de l’Europe sur les côtes de Norvège et s’étend jusqu’au Groënland où on lui fait une chasse active à cause de la valeur de sa peau. On la voit très accidentellement sur les côtes anglaises, belges et françaises et on cite quelques captures en Normandie et en Picardie. Elle ne s’est probablement jamais reproduite sur nos côtes.
Une espèce très voisine, le Phoque veau-marin (Phoca vitulina Linné) a à peu près la même taille et les mêmes mœurs. Son nez est moins allongé, son corps plus épais et ses membres moins longs. Son pelage varie du brun clair au jaune grisâtre, avec ou sans taches brunes sur le dos, le dessous est blanc jaunâtre.
Cette espèce vit sur les côtes françaises de l’Océan, bien qu’elle y soit beaucoup plus rare qu’autrefois et très exceptionnellement dans la Méditerranée. On l’a observée en Normandie, en Bretagne, aux embouchures de la Seine et de la Somme et dans le golfe de Gascogne. M. Gadeau de Kerville cite sept captures assez récentes sur les côtes normandes, et on raconte l’histoire de deux individus tués près d’Orléans sur la Loire qu’ils remontaient.
Très sauvages, parce qu’ils sont très pourchassés, ces Phoques se tiennent sur les rochers et les plages de sable qui se découvrent à marée basse, ordinairement par petites compagnies. S’ils flairent un ennemi, ils se précipitent à la mer et disparaissent. A haute mer, ils passent leur temps à poursuivre les poissons dont ils feraient, s’ils étaient nombreux, une grande destruction; ils mangent aussi les homards et les crabes. Leur cri rappelle le jappement de la loutre et de certains chiens.
En septembre, au moment du rut, les mâles se livrent de violentes batailles; puis, après une gestation de neuf mois, la femelle fait, en juin ou juillet, un ou deux petits qu’elle allaite toujours à terre, tandis que, plus tard, les Phoques ne mangent jamais que dans l’eau.