Elles ont des canines développées, des incisives et des molaires surmontées de tubercules aigus qui leur permettent de broyer aisément les insectes, base de leur nourriture; en tout, suivant les espèces, 32 à 38 dents.
Leurs yeux sont très petits et leur vue n’est probablement pas très perçante, mais leurs oreilles sont plus ou moins grandes et leur ouïe paraît excellente. Les oreilles sont doubles ou simples, réunies à leur base ou séparées, droites ou penchées, elles sont doublées, chez beaucoup d’espèces, par un petit appendice de forme variable, dit oreillon (Tragus).
Elles portent deux mamelles pectorales; les petits naissent nus avec les oreilles et les yeux fermés; ils s’accrochent à leur mère qui, tant qu’elle les nourrit, les emporte avec elle dans ses évolutions aériennes. Leur voix se compose de petits cris aigus et de stridulations.
Toutes sont nocturnes. Durant le jour, elles se tiennent dans les endroits obscurs et se suspendent au moyen des ongles de leurs membres postérieurs, la tête en bas. Le soir venu, elles sortent et se mettent en chasse. Vers la fin de l’automne, elles tombent dans un engourdissement ou sommeil plus ou moins profond et passent une partie de l’hiver sans prendre de nourriture, accrochées aux parois des grottes et des cavernes ou blotties dans les fissures et anfractuosités, souvent à une assez grande profondeur.
Les Chéiroptères sont des animaux utiles qui détruisent une énorme quantité de coléoptères, de papillons nocturnes, de mouches et de cousins, bêtes généralement malfaisantes, et des névroptères, insectes indifférents. A l’état sauvage, on n’a jamais constaté qu’elles se fissent la guerre entre elles, mais lorsqu’on les garde en captivité, il arriverait parfois, dit-on, que, si on les laisse manquer d’insectes, elles se dévoreraient les unes les autres.
Nos Chauves-Souris de France ont été réparties en trois familles, les RHINOLOPHIDÉS, les VESPERTILIONIDÉS et les EMBALLONURIDÉS.
Les Rhinolophidés, nommés aussi Phyllorhinidés (ce qui veut dire: feuille sur le nez) ont, pour caractère, comme l’indique leur nom, de porter sur le nez un repli membraneux, plus ou moins en forme de feuilles plissées, d’un aspect très singulier; il n’y a pas d’oreillon chez les espèces d’Europe et les oreilles sont nettement séparées. Les narines s’ouvrent au fond d’un repli cutané ayant un peu l’apparence d’un fer à cheval.
Les Vespertilionidés n’ont pas sur le nez le repli cutané en forme de feuilles et ils ont un oreillon. Leur queue longue et étroite est prise dans la membrane interfémorale dont le bord forme un angle aigu avec elle, et elle ne dépasse cette membrane que de un à trois millimètres; les oreilles sont séparées, rarement réunies à leur base par leur bord interne et ne portant jamais un repli rabattu sur le front; l’oreillon est toujours allongé, bien que de formes variables.
Les Emballonuridés n’ont pas, eux aussi, sur le nez le repli cutané en forme de feuilles et ils ont un oreillon. Mais leur queue très épaisse dépasse de la moitié de sa longueur la membrane interfémorale, dont le bord forme un angle droit avec elle. Les oreilles sont très réunies par leur bord interne qui forme un repli rabattu sur le devant du front; l’oreillon est court et carré.