«Ce vers est charmant, remarque M. Saint-Marc Girardin; c'est un aveu fait avec une délicatesse ingénieuse, digne des romans de Mme de La Fayette, mais qui ne se sent guère de la simplicité pastorale…» Ajoutons que le contact de l'hôtel de Rambouillet ne lui est pas étranger.
Un autre personnage vient compliquer l'action et la dramatiser: c'est celui d'Oronte, fille de Timandre, dont les passions ne sont guère de l'idylle et se rapprochent beaucoup, comme ce qui précède le dénouement, de la scène tragique. Bien qu'elle soit vouée au culte de Diane, Oronte aime Alexis et se désespère de le voir épris d'Amaranthe:
Je meurs pour un barbare insensible à mes charmes
Et qui n'est point troublé de soupirs ni de larmes…
Tantost, pour esmouvoir ce berger insensible,
J'ay fait par la douceur ce qui m'estoit possible,
Je n'ay rien espargné, luy montrant chaque jour
Sous le nom d'amitié tous les signes d'amour…
J'ay mesme bien souvent tasché de lui desplaire,
J'ay passé du mépris jusques à la colère,